La montée du chômage en France s’accélère au mois de novembre

Face à la hausse de 8,5% sur un an des demandeurs d’emploi, la polémique enfle sur l’efficacité du plan de relance gouvernemental
la rédaction

Les statistiques du chômage en France pour le mois de novembre renforcent la tendance négative amorcée dès l’été dernier. Le nombre de demandeurs d’un emploi à temps plein et à durée indéterminée (catégorie 1) a en effet enregistré une hausse de 3,2% le mois dernier par rapport au mois précédent (+64.000 personnes) à 2.068.500. Le nombre de demandeurs d’emploi de catégorie 1, qui était repassé au-dessus de la barre symbolique des deux millions de personnes en octobre, enregistre ainsi son septième mois consécutif de hausse et affiche une progression de 8,5% sur un an. Certains secteurs semblent particulièrement touchés, comme la construction qui fait face à un recul de plus en plus inquiétant de son activité.

La hausse du nombre des demandeurs d’emploi, comprise entre 0,1% et 0,4% en variation mensuelle depuis le mois de mai, avait enregistré une poussée à plus de 2% en août et en octobre (+2,2% et +41.300 personnes et +2,4% et 46.900 personnes respectivement) sous l’effet de fortes chutes de l’intérim. Les demandeurs d’emploi des catégories 1 à 6, une définition plus proche de la notion de chômeurs retenue par le Bureau international du travail (BIT) et Eurostat, l’organisme européen en charge des statistiques, a quant à lui augmenté de 1,4% en novembre pour s'établir à 2.486.500 personnes. Il s’inscrit en hausse de 5% sur un an.

L’accélération de la montée du chômage renforce la pression sur le gouvernement qui a engagé un plan de relance de 26 milliards dont il espère des effets rapides. Le nouveau ministre chargé de la Relance Patrick Devedjian, qui avait peu avant leur publication hier soir dit s’attendre à des chiffres de l’emploi «catastrophiques», y a vu «la justification des mesures de soutien à l’économie» présentées voici dix jours, tout comme la ministre de l’Economie Christine Lagarde et le secrétaire d’Etat à l’Emploi Laurent Wauquiez. L’efficacité de ce plan, centré sur le soutien à l’investissement et à la trésorerie des entreprises, est toutefois de plus en plus contestée par les syndicats et par l’opposition, le premier secrétaire du parti socialiste Martine Aubry déclarant ainsi qu’il faudrait mobiliser «plusieurs dizaines de milliards d’euros de crédits réellement nouveaux». La polémique rebondira sans nul doute au cours des prochains mois.

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