« La montée de l’aversion pour le risque offre des opportunités sur les obligations de crédit »
Damien Dierickx, gestionnaire de fonds diversifiés chez Aviva Investors France
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Bruno de Roulhac
L’Agefi : Pourquoi restez-vous positifs sur les actions dans un environnement aussi incertain ?
Damien Dierickx : Parce que les valorisations des entreprises cotées sont au tapis. Certains dossiers ont même enfoncé leurs plus bas de 2009 ! A ces niveaux de prix, les marchés d’actions de la zone euro valorisent implicitement une baisse des résultats de l’ordre de 30% ces deux prochaines années, scénario auquel nous n’adhérons pas. D’une part, nous ne prévoyons pas de chocs économiques susceptibles d’entraîner une nouvelle récession mondiale. D’autre part, la vigilance des entreprises, tant au niveau de la gestion des coûts que de celle de la trésorerie, nous pousse à croire que leur profitabilité ne s’effondrera pas. Dans une perspective de gestion à moyen terme, nous sommes clairement sur des niveaux d’achat.
Au sein de l’obligataire, quels actifs privilégiez-vous ?
La montée de l’aversion pour le risque, qui a provoqué une violente hausse des «spreads», offre des opportunités particulièrement intéressantes sur les obligations de crédit. Nous privilégions le segment du crédit intermédiaire (émetteurs notés BBB/BB) qui offre en moyenne des rendements de l’ordre de 8,50 à 9% pour des maturités de 5 ans. De telles primes anticipent un taux de défaut annuel de près de 10% alors que les agences prévoient un taux de 2 à 3%. En termes sectoriels, notre préférence se porte sur les valeurs financières – notamment les champions bancaires européens – particulièrement massacrées dans la période récente. Nous considérons que leur situation est bien meilleure qu’en 2008: elles ont largement renforcé leur fonds propres, réduit leur levier, elles dégagent des profits et sont en mesure d’absorber des dépréciations sévères sur les dettes périphériques.
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