La moitié des titrisations en Europe s’exposent à une dégradation par S&P
Des réglementations différentes (rétention, Bâle 3…) vont interagir et ajouter de l’incertitude sur les perspectives 2011 de la titrisation. Pour ne rien arranger, la révision par S&P du critère de contrepartie, dans le cadre des swaps, risque de se traduire par des baisses de notation qui toucheraient 40% à 50% des transactions européennes. Dans l’attente des plans de correction de la part des banques, S&P prévoit des dégradations d’un ou plusieurs crans dès juillet qui pourraient affecter 45 à 55% des ABS, 65 à 75% des CMBS et 80 à 90% des RMBS. Des chiffres qui pourraient changer en fonction de la capacité des apporteurs de swaps et des banques sponsors des transactions à modifier les documents et conditions contractuelles. S&P devrait bientôt annoncer la mise sous surveillance négative des tranches potentiellement affectées.
En 2010, la relance des émissions de titrisations en Europe a été particulièrement modeste. Et aux yeux de S&P, cette dynamique devrait se poursuivre en 2011 avec des divergences accrues au sein des classes d’actifs. Les titres adossés à des prêts hypothécaires résidentiels (RMBS) néerlandais et britanniques et ceux adossés (ABS) à des crédits automobiles allemands, continueront, selon l’agence, à animer le marché primaire, au vu de l’amélioration de leurs fondamentaux et de la qualité des actifs sous-jacents. En revanche, les RMBS dans d’autres juridictions où les fondamentaux de l’immobilier restent fragiles (Espagne, Irlande) devraient de nouveau être retenus dans le bilan des banques en 2011.
Les titres adossés à l’immobilier commercial (CMBS), eux, devront faire face à une vague de refinancement avec l’arrivée à échéance de 150 prêts (14% de l’encours, 15 milliards d’euros équivalent) en sachant qu’en 2010 un quart des prêts échus, entre janvier et octobre 2010, ont été remboursés. D’après S&P, la restructuration des prêts sous-jacents et le rééchelonnement des maturités peut se traduire par une extension de la maturité des tranches de CMBS et de surcroît une baisse de leur notation à «D». Pour autant, la moitié des prêts cette année sont allemands et de qualité satisfaisante. Les CMBS n’ayant toujours pas retrouvé leur intérêt économique, les émissions risquent de se faire rares comme en 2010 (quatre transactions). Les transactions à refinancer ne le seraient probablement pas par de nouveaux CMBS.
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