La mise sous surveillance des Etats rejaillit sur les banques
Le secteur a aussi été placé sous surveillance négative par S&P. Les CDS bancaires se sont à nouveau élargis hier
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Solenn Poullennec
Quand les Etats trinquent, les banques auxquelles ils sont censés pouvoir porter secours trinquent aussi. Standard & Poor’s a pris acte de la mise sous surveillance négative de quinze Etats de l’Union le cinq décembre en plaçant également sous surveillance négative plusieurs grandes banques de ces pays hier soir.
Les quatre banques françaises BNP Paribas, BPCE, Crédit Agricole et Société Générale font partie des établissements montrés du doigt. Le mouvement peut surprendre alors que fin novembre, la même agence de notation avait confirmé leur note. Mais la nouvelle méthode développée depuis le début de l’année pour rendre les notes des institutions financières plus comparables avec celles attribuées à d’autres secteurs, formalise le soutien des gouvernements aux banques.
L’intervention d’un Etat dans le système bancaire n’est pas toujours favorable aux établissements et une banque peut avoir une note supérieure à celle du pays où elle est localisée. Mais de façon générale, plus une banque est susceptible d’être secourue par un Etat bien noté, plus sa note est susceptible d’être élevée. La probabilité d’un soutien gouvernemental est évaluée en fonction de la nature publique ou privée de l’établissement, de son caractère systémique, des précédents en matière de sauvetage bancaire, etc.
Ainsi, BNP Paribas bénéfice d’un AA-, avec un cran de soutien gouvernemental qui est ajouté à sa note intrinsèque A+. Crédit Agricole, BPCE et Société Générale, notées A+ bénéficient de deux crans de soutien gouvernemental. Contrairement à d’autres pays comme l’Allemagne, la France risque de perdre deux crans. Résultat: si la France n’est dégradée que d’un cran, le Crédit Agricole, BPCE et la Société Générale perdent aussi un cran. Si la France perd deux crans, BNP Paribas aussi perdrait un cran et verrait sa note passer de AA- à A+.
Les banques pourraient être rapidement fixées sur leur sort. Le 5 décembre, S&P a en effet précisé qu’elle s’attendait à finir sa revue des notes souveraines européennes «le plus vite possible à l’issue du sommet européen» qui s’est ouvert hier soir. Les marchés ont bien intégré ce risque. Hier, l’indice iTraxx de Markit qui suit les CDS sur la dette senior des établissements financiers se tendait de 23 points de base à 290 pb environ.
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