La mise en œuvre de MIF 2 est surveillée de près par les acteurs du trading à haute fréquence

Le régulateur européen des marchés financiers tient aujourd’hui une audition sur la réforme qui veut notamment encadrer ces acteurs.
Solenn Poullennec

Les acteurs du trading à haute fréquence (HFT) et les teneurs de marché se préoccupent des conséquences que pourrait avoir la réforme européenne de l’organisation des marchés financiers pour leur activité. Leurs représentants seront à Paris aujourd’hui pour participer à l’audition organisée, à ce sujet, par l’Autorité européenne des marchés financiers, l’Esma.

Le régulateur a publié à la fin de l’année dernière ses conseils techniques à la Commission européenne pour mettre en œuvre MIF 2, la réforme adoptée en 2014 pour accroître la transparence et la sécurité sur les marchés. Le régulateur a aussi soumis à consultation jusqu’au 2 mars prochain un nouveau document détaillant d’autres propositions d’encadrement qui seront débattues aujourd’hui.

Encadrer le HFT est d’autant plus malaisé que le régulateur n’est pas certain de sa définition. Il en propose plusieurs à la Commission. L’Autorité des marchés financiers (AMF) plaide pour que la définition soit la plus large possible, au contraire des représentants des praticiens du HFT. Ils ne redoutent pas tant de devoir s’enregistrer en tant que tels mais de voir s’imposer à l’avenir des dispositions réglementaires voire fiscales contraignantes.

Beaucoup des «exigences organisationnelles» proposées par l’Esma leur paraissent trop lourdes pour des acteurs de taille réduite. «Par exemple, celles sur l’agent de conformité (..) ou les systèmes de back-up pour assurer la continuité de l’activité manquent complètement de proportionnalité», assure Mark Spanbroek, de l’association FIA Epta, qui représente des traders pour compte propre et utilisateurs du HFT européens. Ces exigences sont aussi regardées avec inquiétude par le lobby des banques d’investissement, AFME.

Dans sa consultation, l’Esma propose aussi d’encadrer les pas de cotation «Nous sommes tombés d’accord sur un niveau d’encadrement des pas de cotation en fonction du prix et de la liquidité des titres, qui permet à la fois de s’assurer que le pas de cotation n’est ni trop gros, ni trop petit», se félicite Philippe Guillot, directeur des marchés à l’AMF.

«Nous avons besoin d’une gouvernance et d’un calibrage approprié aux différents instruments», soulignait, il y a quelques semaines, April Day, représentante de l’AFME. Les acteurs du HFT sont assez partagés sur l’impact du régime. Les teneurs de marché sont par ailleurs très attentifs à la mise en place de mesures censées les inciter à rester sur les marchés en cas de stress.

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