La microéconomie soutiendra de moins en moins les marchés actions
Ce mois-ci, nous revenons sur notre indicateur avancé de l’humeur des marchés, traduisant le rapport entre le nombre de révisions positives par rapport au nombre de révisions négatives effectuées par les analystes financiers mois par mois. Quelques jours après la fin de la saison des publications de résultats pour l’année 2010, les analystes marquent le pas et redeviennent bien plus timorés quant aux perspectives de croissance bénéficiaire pour l’exercice en cours. Au mois de février, notre ratio a clairement cassé la tendance pour s’inscrire à un niveau proche de 1.
Jamais depuis le milieu d’année 2009 nous n’avions constaté aussi peu de révisions à la hausse par rapport aux révisions à la baisse effectuées par les analystes financiers. Il faut dire que les nuages pour les entreprises occidentales semblent obscurcir de plus en plus l’horizon, alors que 2009 et 2010 leur ont offert un environnement royal pour reconstituer leurs taux de marge ainsi que leur profitabilité. D’abord, la hausse des matières premières, dans un premier temps motivée par la demande forte en provenance des émergents, puis par les troubles géopolitiques dans certains pays producteurs, ont atteint des niveaux inconnus depuis le premier semestre 2008. Or les analystes financiers se souviennent des conséquences que la bulle sur les matières premières avait eues à l’époque: c’est par ce biais que la crise financière s’était véritablement transformée en crise économique.
Dans un contexte où de nombreux pays européens mettent en place des mesures pour contenir leur déficit public et d’un besoin de désendettement des ménages toujours élevé, les entreprises européennes disposent d’un faible pricing power, les forçant à rogner sur leurs marges plutôt qu’à augmenter leurs prix de vente.
D’un autre côté, la concomitance de chiffres macroéconomiques légèrement meilleurs en Europe et les récents propos du président de la Banque centrale européenne, qui estime qu’une hausse des taux directeurs est probable à un horizon de court terme, contribuent à pousser les taux d’intérêt vers le haut. Ce renchérissement du coût de l’argent fait lui aussi peser un risque sur les taux de marge des entreprises européennes. En conséquence, les investisseurs vont probablement devoir s’habituer à une microéconomie qui pénalisera les marchés actions au cours des prochains trimestres.
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