La menace de sanctions affaiblit les perspectives de l'économie russe
L’inquiétude grandit sur l’impact de possibles sanctions économiques imposées à la Russie, dont l’économie est déjà fragilisée. Pour l’heure, ellesse limitent à la mise en place de visas et aux gels d’actifs bancaires de certaines personnalités russes impliquées dans l’annexion de la Crimée, où les votants se seraient exprimés hier par référendum à plus de 95% en faveur d’un rattachement à la Russie, selon un décompte partiel officiel. «Des sanctions économiques semblent plus difficiles à appliquer compte tenu de l’interdépendance entre les économies européennes et russes. Dans ce contexte, les conséquences de ces sanctions seront limitées», estime néanmoins Natixis.
Pourtant, «l’activité économique en Russie devrait être fortement pénalisée par les tensions politiques en Ukraine et en Crimée», alerte Goldman Sachs qui a réduit sa prévision de croissance de deux points à 1% cette année,contre 2,5% anticipé par Moscou. Une révision due à une contraction anticipée de la demande intérieure de 0,6%, et des investissements privés de 0,8%. «La diffusion se fera par le canal de la confiance: le gel des décisions d’investissement des sociétés et le rebond des exportations de capitaux du secteur privé mettant une pression croissante sur les taux longs et sur les conditions financières», précise la banque.
Avec des interventions sur le marché des changesestimées àenviron 15 milliards de dollars en janvier et février, puis 14 milliards depuis début mars, les sorties nettes de capitaux privés ont atteint près de 50 milliards depuis le début de l’année, soit 10% du PIB au premier trimestre, contre 28 milliards un an plus tôt. Un montant qui pourrait atteindre 130 milliards sur 2014, selon Goldman Sachs.
Cetteperte de confiance des investisseurs non-résidents a entrainé une envoléedu rendement des obligations d’Etat russes à 10 ans libellées en dollars de 100 pbà 5,58%, et celui des titres libellés en devise locale de 123 pb à 9,50% depuis que l’entrée des forces russes en Crimée le 28 février. Dans le même temps, l’indice Micex corrigeait de 16% pour tomber à son plusbas niveau depuis juillet 2009.
«D’un point de vue fondamental, le rouble reste surévalué, ce quiplaide pour une devise plus faible à moyen terme», estime Natixis. Le resserrement des taux directeurs de 150 pb début mars et les rachats de devises ont permis de stabiliser le rouble après une chute de 10% contre dollar depuis le début de l’année. La banque centrale a maintenu vendredi le statu quo, et estimé l’impact de la dépréciation du rouble à 0,5 point sur le niveau d’inflation,de 6,2%.
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