La menace de l’inflation en Chine pourrait accélérer l’appréciation du yuan
La Chine est au pied du mur. Avec une hausse des prix à la consommation qui a atteint 5,1% sur un an au mois de novembre (contre 4,4% en octobre), soit la plus forte hausse depuis juillet 2008, les autorités monétaires chinoises vont être contraintes de durcir encore plus les conditions monétaires avec à la fois une hausse des taux d’intérêt et une appréciation du taux de change.
Même si une grande partie de la hausse de l’indice global des prix à la consommation provient de la flambée des prix alimentaires (11,7% sur un an), l’inflation sous-jacente (hors alimentation) restant contenue à 1,9%, Natixis souligne que «ces évolutions inquiètent les autorités, d’abord pour des raisons de principe (pratique de l’inflation targeting), mais aussi en raison de la perte de pouvoir d’achat induite pour les consommateurs, surtout compte tenu du poids élevé de l’alimentation dans la consommation».
D’ailleurs, la Banque populaire de Chine a relevé dès vendredi de 50 points de base le taux des réserves obligatoires des banques afin de limiter le volume des prêts et la création de monnaie. Il s’agit de la troisième hausse en seulement un mois et de la sixième depuis le début de l’année. Même la rhétorique des autorités monétaires a évolué, faisant état d’une politique monétaire «prudente» alors qu’elle était jugée auparavant «accommodante de manière appropriée».
Ces mesures s’ajoutent aux contrôles quantitatifs du crédit destiné à freiner la hausse des prix de l’immobilier. L’activité reste cependant très dynamique avec une hausse de la production industrielle de 13,3% en novembre, des investissements en capital fixe dans les zones urbaines de 24,9%, et des ventes de détail de 18,7%. Dans une équation impossible à résoudre, les autorités indiquent que «la priorité est de gérer l’arbitrage entre une croissance forte et durable, les réformes économiques et le contrôle des prix». Mais Pékin devra certainement faire un choix, et les économistes anticipent un durcissement des conditions monétaires qui conduirait à un ralentissement de l’activité.
Même si elle s’en défend, la Chine pourrait rapidement se voire contrainte de laisser le yuan s’apprécier à un rythme plus soutenu afin de juguler la hausse des prix qui menace la consommation intérieure, qui constitue un objectif majeur du développement économique du pays sur le long terme.
Plus d'articles du même thème
-
Les fonds italiens sont en décollecte en mai
En mai 2026, les fonds commercialisés en Italie ont vu sortir 2,3 milliards d’euros, selon les dernières données d’Assogestioni, l’association italienne des professionnels de la gestion. Les fonds monétaires sont la principale source de cette décollecte, avec des rachats de 2,3 milliards d’euros. Les fonds obligataires ont vu sortir 897 millions d’euros. Les autres catégories de fonds ont enregistré de petites collectes : 249 millions d’euros pour les fonds actions, 269 millions pour les fonds diversifiés et 402 millions pour les fonds flexibles. Depuis le début de l’année, les fonds vendus en Italie ont attiré 4,3 milliards d’euros. Les encours s’élèvent à 1.374 milliards d’euros. -
La Banque d'Angleterre veut limiter l'effet de levier des hedge funds
La Banque d’Angleterre (BoE) poursuit son projet visant à restreindre le niveau de dette que les hedge funds peuvent utiliser pour négocier les obligations d'État britanniques (gilts), malgré des avertissements selon lesquels cette mesure augmentera le coût du financement et réduira la liquidité sur ce marché de près de 3.000 milliards de livres sterling, écrit le Financial Times. -
L'Ircantec va lancer plusieurs appels d'offres
Le régime de retraite complémentaire des agents publics non titulaires, doté de 18,6 milliards d'euros de réserves, va remettre en jeu plusieurs mandats, dans un contexte de concentration croissante des sociétés de gestion sur le marché français. -
Le nouveau fonds de pension allemand suscite la convoitise des institutionnels
Alors que la coalition du chancelier Friedrich Merz avance sur la réforme des retraites allemande - qui comprend la création d’un grand fonds de pension public allemand - plusieurs investisseurs institutionnels ont manifesté leur intérêt pour la gestion de ce qui pourrait bien devenir l'un des plus grands réservoirs de capitaux à long terme d'Europe. -
Allocation d’actifs : les investisseurs institutionnels face à un nouveau régime de marché
Face à un contexte marqué par l’inflation et la géopolitique, les investisseurs institutionnels révisent pourtant à la marge leurs stratégies d'investissement. C'est un des constats porté par une table ronde sur l'allocation d'actifs qui avait lieu le 30 juin lors de l'Institutional Day organisé par L'Agefi. -
EXCLUSIFLBP AM transfère la gestion de ses opérations de Natixis IM OS vers Alto
La filiale de la Banque Postale, qui externalisait ses systèmes de gestion des ordres et de portefeuille chez Natixis IM, vient de les faire basculer chez Alto, du groupe Amundi. LFDE devrait bientôt suivre.
ETF à la Une
KBC AM dévoile trois ETF Ucits
- Malakoff Humanis visé par une enquête du PNF sur la sélection de ses gérants
- L'affaire Malakoff Humanis tombe mal pour une éventuelle cession de Sienna Gestion
- La guerre en Iran relance l’intérêt des obligations indexées sur l’inflation
- Léa Dunand-Chatellet prend la direction générale de Mirova
- Aymeric Oudin (Adereim) «Le logement ne peut plus être considéré comme un placement passif»
Contenu de nos partenaires
-
Force majeureAssurer les récoltes contre les coups du climat, c'est chaud
L'épisode caniculaire met en lumière l'inadaptation des anciens contrats multirisque climatique, boudés par les agriculteurs -
Troisième acteEmploi des seniors en 2026 : bilan à mi-année
Chaque semaine, avec l’Opinion, retrouvez les conseils d’Emmanuel Grimaud, président de Maximis et expert en gestion des fins de carrière, pour mieux gérer votre troisième partie de vie professionnelle -
Partage« Un acte législatif grave » : le Sénat inquiète les élus locaux en changeant la gouvernance de l'eau
Le Sénat a rebattu les cartes du partage de l'eau en donnant davantage de poids au monde agricole et en facilitant les dérogations aux documents locaux de planification, au risque d'alimenter les tensions entre usagers