La Maison blanche tente de relancer la machine économique américaine
Le président Barack Obama entend lancer un grand programme d’investissements en infrastructures et maintenir la baisse de charges sociales
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Patrick Aussannaire
Comment relancer l’économie américaine sans marge de manœuvre? C’est l’équation que tente de résoudre le président américain, Barack Obama, qui a donné hier quelques pistes concernant ses mesures en faveur de l’emploi qui seront dévoilées lors d’un discours très attendu qui aura lieu jeudi devant le Congrès. À l’occasion d’un déplacement à Détroit pour la fête du travail, Barack Obama a annoncé qu’il comptait proposer au Congrès un programme d’infrastructures sans précédent ainsi qu’une extension des baisses de charges.
«Nous possédons des routes et des ponts aux quatre coins du pays qui ont besoin d’être reconstruits» a indiqué le président américain. «Nous avons des sociétés privées qui possèdent l’équipement et les compétences pour réaliser les constructions. Et nous avons plus d’un million de maçons au chômage prêts à se retrousser les manches». Dans le même temps, le président américain a fait état de sa volonté de reconduire la mesure de baisse des charges de sécurité sociale de 6,2% à 4,2% qui doit arriver à échéance en fin d’année. Il n’a cependant pas précisé s’il comptait également baisser les charges patronales, une mesure prônée par certains de ses conseillers.
La semaine dernière, la Maison blanche avait revu fortement ses prévisions de croissance à la baisse: de 2,6% à 1,7% en 2011 et de 3,3% à 2,6% en 2012. Dans le même temps, les prévisions de déficit ont été revues à la baisse, de 10,9% à 8,8% du PIB pour l’exercice fiscal 2011. Cet ajustement est dû à 140 milliards de dollars de recettes supplémentaires et 180 milliards de dépenses publiques en moins, ce qui est nettement supérieur aux engagements pris par le gouvernement et pourrait «donner à Barack Obama la marge de manœuvre nécessaire pour donner un coup de pouce à l’économie» estime CM-CIC.
Dans ce contexte, «la teneur de ce plan, sa crédibilité et son « acceptabilité » par les Républicains pourraient aussi contribuer à façonner les anticipations de la prochaine décision de la Fed» indique Aurel BGC. Le taux à dix ans américain est resté hier sous la barre des 2%, à 1,97%. Avec un taux de chômage à 9,1% et de faibles créations d’emplois, les investisseurs anticipent que le Fed va consentir des mesures supplémentaires. Deux solutions sont évoquéespar le FOMC. Un nouveau programme d’achat de titres, mais concentré sur les échéances longues. Ou l’augmentation de la maturité moyenne du portefeuille obligataire de la Fed.
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