« La lutte contre l’inflation réduit la marge de manœuvre de la BCE »
souligne Louis Pestel, directeur de la gestion taux et devises chez Lazard Frères Gestion
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Propos recueillis par Tân Le Quang
L’Agefi : La Fed a-t-elle encore de la marge pour de nouvelles baisses de taux ?
Louis Pestel : Dans la dualité de la mission qui a été donnée à la Fed se trouve un objectif de croissance d’équilibre. Equilibre qui a été défini comme le Nairu [taux de chômage n’accélérant pas l’inflation : ndlr] il y a quelques années. Pour atteindre cet objectif dans une situation de crises immobilière et de liquidité, toutes deux historiques, les armes conventionnelles paraissent pauvres. Aussi, pouvons-nous admettre que la Fed déroge temporairement à son deuxième objectif de lutte contre l’inflation pour privilégier la remise en ordre de marche de l’économie américaine. Dans ces conditions, les marges de manœuvre existent encore. Mais en dehors de cet aspect de baisse des taux officiels se pose la question de la restauration de la confiance. La mise en place de mesures exceptionnelles telles que les TAF (injections de liquidité), l’assouplissement des règles en termes de collatéral ou encore l’accès à un plus grand nombre d’intervenants à la liquidité de la banque centrale, me semblent des mesures encore plus opportunes. Existe-t-il des marges de manœuvre ? Il faudrait certainement adosser ces baisses de taux à des engagements de transmission de la liquidité pour de nouveau fluidifier la circulation de monnaie.
Selon vous, l’inflation peut-elle constituer un frein à l’assouplissement monétaire dans la zone euro ?
Contrairement à la Fed, la BCE à un seul objectif statutaire, la lutte contre l’inflation. De ce fait, sa marge de manœuvre s’en trouve réduite. Néanmoins, l’Europe ne peut s’isoler du contexte américain et le ralentissement majeur en cours limitera les pressions inflationnistes qui sont, par nature, cycliques et liées à la croissance. C’est pourquoi, là aussi des marges moindres qu’aux Etats-Unis existent.
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