La Lituanie entre dans la zone euro avec une solide croissance
Le dernier des Etats baltes à intégrer l’Eurozone devrait voir son PIB augmenter de 3,4% en 2015.
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Solenn Poullennec
En dépit de la crise économique qu’elle traverse, la zone euro continue de s’élargir. Elle va compter 19 pays à partir du 1er janvier prochain avec l’entrée de la Lituanie. Le plus peuplé des pays baltes, avec quelque 3 millions d’habitants, est aussi le dernier à entrer dans la zone alors que l’Estonie a franchi le pas dès 2011 et que la Lettonie a suivi cette année.
L’entrée de la Lituanie dans la zone euro en 2015, avec le taux de change fixé depuis 2002 de 1 euro pour 3,45280 litas, a été confirmée dès l’été dernier par le Conseil européen. Le pays avait tenté d’obtenir le feu vert des Européens pour pouvoir adopter la monnaie unique en 2007 mais cela lui avait été refusé en raison de sa trop forte inflation. Après avoir atteint plus de 11% en 2008, celle-ci est redescendue dès 2009. La Commission estime qu’après avoir été à 0,3% en 2014, elle devrait être de 1,3% en 2015 et 1,9% en 2016.
La Lituanie peut aussi se targuer d’avoir des finances publiques relativement saines. En 2009, sous le coup de la crise, le déficit avait dérapé à 9,4% du PIB. Le gouvernement a cependant entamé une politique de consolidation budgétaire drastique, notamment en gelant les salaires des fonctionnaires. Le pays est parvenu à ramener le déficit dans les clous du pacte de stabilité en 2013. Le déficit devrait s’établir à 1,2% du PIB, en 2015 d’après le gouvernement alors que la dette devrait se situer autour de 40% du PIB.
Les finances publiques bénéficient de la croissance économique du pays. Alors que le PIB avait chuté de près de 15% en 2009, la croissance a toujours été au rendez-vous depuis 2010. D’après le gouvernement, le PIB devrait augmenter de 3,4% en 2015. «La consommation privée devrait rester le principal moteur de la croissance (…) alors que la hausse des salaires et la faiblesse de l’inflation devraient soutenir le revenu disponible des ménages», selon la Commission. Même si l’institution a déjà souligné «le haut degré de flexibilité du marché du travail durant la crise», le taux de chômage reste élevé. Le gouvernement compte le ramener à 10,4% en 2015.
Le pays est noté Baa1 par Moody’s et a vu sa note relevée à A- cette année par Standard & Poor’s et Fitch. En octobre, le gouvernement s’est félicité d’avoir émis pour 1 milliard d’euros d’obligations à 12 ans avec un coupon de 2,125%, soit le plus bas dans l’histoire du pays.
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