La liquidité mondiale continuera à augmenter l’année prochaine
Malgré la baisse annoncée des rachats de la Réserve fédérale, la liquidité mondiale continuera à affluer sur les marchés
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Sylvain Broyer, Natixis
Alors que les incertitudes liées au tapering de la Fed font des ravages dans les devises émergentes et tirent à la hausse les taux longs, il n’est pas inutile de rappeler que la liquidité mondiale sera toujours en hausse l’année prochaine. Cette année, la liquidité augmentera de 5 points. Les Etats-Unis, dont l’expansion du bilan de la Fed a repris depuis la fin de l’opération Twist, y participent à hauteur de 4 points sur les huit premiers mois de l’année. Le Japon, qui a investi sa politique monétaire d’un nouveau mandat inflationniste, y contribue pour un point. La politique du Royaume-Uni est neutre. Seule la BCE freine la hausse la liquidité, avec le remboursement des LTROs qui la réduit de presque 3 points.
Sans tapering, la contribution de la Fed sera de 6 points cette année et presque autant en 2014. En supposant une baisse progressive des achats de la Fed à partir de septembre en vue d’un arrêt mi-2014, la liquidité mondiale augmentera quand même par ce biais de plus de 5 points cette année et de 2 à 3 points encore l’année prochaine. En outre, le Japon fera plus que compenser cette évolution, dans la mesure où la BoJ s’est engagée à doubler sa base monétaire d’ici à fin 2014, ce qui implique une hausse de la liquidité mondiale de 7 points sur les dix-huit mois à venir. Enfin, certains observateurs anticipent de nouvelles injections de liquidités (LTROs) par la BCE dans le cas où sa forward guidance échouerait à contenir la pentification des courbes de taux; sans compter qu’un déclenchement des OMT (jusqu’à 6 points de liquidités) n’est toujours pas exclu.
Le rationnement de la liquidité n’est donc pas à l’ordre du jour. En revanche, l’origine de la liquidité n’est pas neutre. La liquidité japonaise connait un biais domestique bien plus fort que la liquidité américaine et les Japonais sont vendeurs nets d’actifs étrangers depuis janvier. Ceci laisserait supposer que les Treasuries et les devises émergentes pourraient rester durablement moins soutenues en cas de tapering de la Fed, à moins que l’Abenomics échoue à offrir des rendements suffisamment attractifs pour les investisseurs japonais.
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