La Hongrie va prendre la direction de l’UE dans un contexte tendu
La décision de la banque centrale de relever une nouvelle fois ses taux directeurs à 5,75 % a été qualifiée de « hâtive, difficile à justifier » par le gouvernement
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Patrick Aussannaire
Faites vos jeux sur la Hongrie, rien ne va plus. En cause: le cycle de resserrement monétaire, le conflit ouvert entre gouvernement et banque centrale, la note souveraine du pays aux portes de la catégorie spéculative et la réforme controversée des fonds de pension. Pas très rassurant à un mois de la prise en main par le pays de la présidence de l’Union européenne (UE).
La Banque centrale de Hongrie a décidé lundi de relever une nouvelle fois ses taux directeurs de 25 points de base à 5,75%, faisant fi des critiques du gouvernement qui pousse pour remettre en cause son indépendance malgré les injonctions de la BCE. Le chef du gouvernement, Viktor Orban, a même qualifié la décision de la banque centrale de «hâtive, difficile à justifier» et de «frein à la consolidation économique». Deux ans après le sauvetage du pays par l’UE, le pays doit faire face à une inflation de 4,2% en novembre (contre un objectif de 3%) avec une croissance qui se remet modérément de la chute de 6,3% du PIB en 2009. Deux nouvelles hausses de taux sont d’ailleurs anticipées d’ici fin mars.
Viktor Orban, qui s’était engagé à ne pas emprunter le chemin de l’austérité budgétaire, pourrait bien faire volte-face après la dégradation début décembre de deux crans avec mise sous perspective négative de la note souveraine du pays par Moody’s à Baa3, le dernier niveau avant la zone «high yield», poussant les spreads à la hausse. Le gouvernement a ainsi assuré lundi qu’il comptait mener un nouveau train de réformes en février destiné à «garantir la stabilité budgétaire». Dans le collimateur: l’éducation, la santé, les administrations publiques, pour réduire le ratio dette / PIB qui a atteint 79%.
Difficile d’accorder du crédit à ces déclarations, alors que l’Etat s’est acharné à baisser les impôts sur le revenu des ménages et sur les PME, afin de relancer la croissance. D’autant qu’en contrepartie, les banques et les grosses sociétés internationales se sont vues imposer une taxe, et qu’une grande partie des fonds de retraite privés ont été transférés vers les caisses de l’Etat. Des mesures critiquées par les autorités européennes qui font pression pour une réduction des dépenses de long terme. Dans ce contexte, même si son pouvoir est limité par la présence du président permanent du Conseil européen (Herman Van Rompuy), la présidence de la Hongrie s’annonce tendue.
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