La Hongrie rejoint le club des maillons faibles de l’Europe
Après le passage hier de la note portugaise en catégorie spéculative par Fitch, Moody’s a fait subir cette nuit le même sort à la note de la Hongrie
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Patrick Aussannaire
La crise européenne n’en finit pas de faire tache d’huile, avec les agences de notation dans le rôle d’accélérateur de crise. Faisant écho à la demande d’assistance formulée par la Hongrie au FMI, Moody’s a annoncé cette nuit avoir dégradé la note souveraine du pays d’un cran de «Baa3» à «Ba1», la relayant ainsi en catégorie spéculative. La perspective associée à cette note est négative. Une décision expliquée par «l’incertitude relative à la capacité de l’Etat hongrois à atteindre ses objectifs d’assainissement budgétaire et de réduction de la dette du secteur public à moyen terme au vu de la hausse de ses coûts d’emprunt et de l’environnement actuel de faible croissance économique», selon Moody’s.
Le pays est vulnérable à la crise européenne, et Moody’s doute de la faisabilité de l’engagement du gouvernement à réduire sa dette publique de 81% du PIB en 2010 à 50% en 2018. Moody’s estime ainsi que «le haut ratio d’endettement de la Hongrie, sa lourde dépendance aux investisseurs extérieurs et ses besoins majeurs de financement à l’heure où les marchés de financement extérieurs du pays se trouvent dans une période d’instabilité exacerbée entraînent un risque accru de voir le pays se retrouver en situation d’incident de crédit». Quelques heures plus tôt, S&P avait déjà maintenu sa perspective négative sur la note «BBB-/A-3» hongroise, indiquant qu’elle attendait un accord entre Budapest et le FMI et l’UE avant de prendre une décision qui devrait intervenir «avant la fin février 2012», selon l’agence.
Plus tôt, c’est Fitch qui avait déjà relayé la note de crédit du Portugal en catégorie spéculative à «BB+» avec perspective négative. Alors qu’une grève générale mobilisait hier les salariés du pays pour protester contre la cure d’austérité imposée par le gouvernement en contrepartie de l’aide financière de l’UE et du FMI, Fitch estime que la dette devrait atteindre 116% du PIB en 2013, contre 93,3% fin 2010 avec une contraction du PIB de 3% en 2012. Et de prévoir «qu’il y a une probabilité importante que de nouvelles mesures d’assainissement soient nécessaires au cours de l’année 2012». Des déséquilibres qui font que la note du pays n’est plus compatible avec la catégorie investissement, selon Fitch. Le rendement des obligations portugaises à 10 ans s’envolait hier de 44 bp à 13,15%, et le spread avec le Bund allemand de 21 bp à 1.095 bp.
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