La Hongrie demande l’aide du FMI et de l’Union européenne
Menacé d'être dégradé en catégorie spéculative, le pays, qui s'était détourné de ses bailleurs de fonds, s’en remet de nouveau à eux
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Solenn Poullennec
Le gouvernement hongrois ravale son chapeau. Lui qui avait mis fin prématurément à un programme d’aide du Fonds monétaire international et de l’Union européenne vient de les solliciter à nouveau. De quoi peut-être éviter au pays une dégradation en catégorie spéculative.
Démentie il y a quelques jours, l’annonce a été confirmée aujourd’hui par le FMI et la Commission qui ont reçu une demande du gouvernement «pour une possible assistance financière». Très peu d’informations ont filtré sur la forme qu’elle pourrait prendre.
Le premier ministre, Viktor Orban, qui espère obtenir satisfaction au début de l’année prochaine, a évoqué «une sorte d’assurance» pour «ne pas renoncer à avoir les mains libres». Le premier plan signé en 2008 avait été conçu pour aider le pays à faire face au retrait massif des investisseurs étrangers et prévoyait un prêt de 20 milliards d’euros. Le pays avait mis fin à l’accord début 2011 et utilisé seulement 14,5 milliards d’euros.
Pour Alexandre Vincent, économiste chez BNP Paribas, «l’intervention du FMI n’est jamais gratuite, il sera intéressant de voir dans quelle mesure cela va infléchir la politique du gouvernement vers une consolidation budgétaire plus rapide». Selon Fitch, la dette devrait être de 76% du PIB fin 2011. Début novembre, Standard & Poor’s a placé la note BBB- du pays sous surveillance avec implications négatives, et se donne environ un mois pour éventuellement la placer en catégorie spéculative. Fitch a aussi mis la note sous perspective négative, soulignant l’exposition du pays à la zone euro.
L’agence s’inquiète aussi de certaines mesures prises par le gouvernement qui encouragent la méfiance des investisseurs. A commencer par celle qui autorise les détenteurs hongrois de dette hypothécaire libellée en devise étrangère à la rembourser en dessous du niveau du marché.
Depuis le mois de septembre, le rendement des obligations hongroises n’a cessé d’augmenter pour atteindre 8,7% la semaine dernière. Quant au forint, il a chuté de plus de 17% en trois mois pour atteindre, 316,4 forints pour un euro la semaine dernière. Le mouvement est le même contre le franc suisse. De quoi peser sur la croissance alors que, selon Fitch, l’endettement du secteur privé dans cette devise représente 20% du PIB. La Commission a revu son estimation de croissance à 0,5% pour 2012 (contre 2,6% prévu au printemps).
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