La hausse du forfait social à 20% sur l'épargne salariale pénalisera le secteur
Introduit en 2008 à 2 %, le forfait social dû par les entreprises sur l’intéressement et la participation pourrait passer de 8 % à 20 % d’après les projets du gouvernement mentionnés par Les Echos le 15 juin. Cette mesure, plus commode à mettre en place en cours d’année, se substituerait à celle prévue dans le programme socialiste de soumettre l'épargne salariale à certaines cotisations sociales, à hauteur d’environ 20 %, ce qui aurait rapporté plus de 5 milliards d’euros.
Les salariés bénéficiant de dispositifs d'épargne salariale sont ceux qui auront le plus à souffrir de cette disposition. «Les directions financières vont intégrer cette modification de la fiscalité pour ne pas modifier en global les sommes dédiées à l'épargne salariale», prévient un spécialiste de l'épargne retraite.
Concernant l’intéressement par exemple, elles pourront, selon la forme des accords, les modifier dans le cadre des négociations annuelles ou après avoir dénoncé les accords triennaux. Les sommes versées au titre de l’intéressement et de la participation seraient donc réduites dans les années à venir. Par conséquent, les recettes liées au forfait social le seront aussi pour l’Etat. Quant aux entreprises qui ne sont pas encore équipées, elles ne pourront plus compter sur le véritable avantage fiscal de l'épargne salariale.
Cette disposition pourrait bien remettre en cause le développement de l'épargne salariale dans sa forme actuelle. «Les prestataires ont vendu le produit aux entreprises en mettant surtout en avant ses avantages fiscaux et non sa dimension sociale, reconnaît le professionnel. Des entreprises ont travesti ces dispositifs en les intégrant dans leurs plans d’augmentation salariale. Du côté des salariés, les sommes dues au titre de l'épargne salariale n’ont pas été versées de façon uniforme». Dans ce contexte, pas étonnant que le monde politique s’attaque à ce domaine.
Le gouvernement prépare aussi l’alignement de la fiscalité du capital sur celle du travail, avec la suppression du prélèvement forfaitaire libératoire. Bercy devrait privilégier une mutation progressive afin d'éviter un choc de trésorerie. Les prélèvements forfaitaires, en place, sont perçus immédiatement tandis que l’impôt sur le revenu est dû l’année suivante. Les deux systèmes seront maintenus: l’impôt sur le revenu sera dû après déduction des sommes déjà versées au titre des prélèvements.
Plus d'articles du même thème
-
Salzgitter devient l’actionnaire unique du sidérurgiste HKM
Le groupe allemand, qui reprend les parts de ThyssenKrupp et de Vallourec dans leur coentreprise, prévoit de supprimer 2.000 emplois dans cette société. -
L’Autorité de la concurrence a autorisé un nombre de concentrations record en 2025
Le gendarme français de la concurrence devrait peu sanctionner cette année, après avoir prononcé pour 379 millions d’euros d’amendes l’an dernier. -
Les taux longs américains échappent à Donald Trump
Les décisions politiques augmentent les risques sur l’inflation et les taux courts. La croissance de l’IA et la défiance générale, synonyme de prime de terme, se retrouvent dans les anticipations sur les taux longs. Résultat, l’administration Trump paraît loin de pouvoir tenir ses promesses sur le niveau des taux. -
BNP Paribas rempile avec But et Conforama et parie toujours sur les partenariats
Unies depuis quatre ans, les deux enseignes du marché de l’ameublement revendiquent 2 millions de clients annuels dont un tiers font appel à une possibilité de financement ou de crédit. Autant de clients possibles pour Cetelem. -
Les bases de données sur les marchés font un nouveau pas en avant
L’Autorité des marchés européenne a sélectionné mardi le fournisseur de la base de données consolidée sur les produits dérivés de gré à gré (OTC) de l’UE avec Transparent Markets Europe (TME). Les fournisseurs des bases obligataires britannique (Etrading Software) et européenne (Ediphy) ont mis fin à leur conflit en mai. Et EuroCTP lancera la commercialisation de la base actions de l’UE dans les prochains jours. -
Opale Capital accompagne l'éducation financière de ses clients
La plateforme de distribution de fonds de non coté aux particuliers, filiale de Tikehau Capital, lance Opale Academy.
ETF à la Une
Les ETF d’actions américaines signent un retour en force au deuxième trimestre
- BlackRock remporte un mandat de 10 milliards d'euros
- LBP AM transfère la gestion de ses opérations de Natixis IM OS vers Alto
- Perpetual rejette une offre de rachat de 1,7 milliard de dollars d'EQT
- L'Ircantec va lancer plusieurs appels d'offres
- Les ETF d’actions américaines signent un retour en force au deuxième trimestre
Contenu de nos partenaires
-
Séjourner à la croisée des chemins en Corse
Des aiguilles de Bavella au Sud, au Cap Corse, à la pointe Nord de l’Ile de Beauté, voici cinq bons plans pour séjourner dans des hôtels d’exception qui vous invitent à parcourir les sentiers emblématiques ou confidentiels qui les entourent. -
Casse-têtePartenaires sociaux : un réservoir d'idées encore inexploité sur le financement du modèle social
Pourtant experts sur la question, syndicats et patronat peinent à se retrouver pour caler un vrai débat sur le financement du modèle social avant l’élection présidentielle -
DilemmesPrésidentielle : qui osera réformer le modèle social ?
Le modèle social français est une bombe à retardement. Qui sera prêt à la désamorcer ? Les candidats pour 2027 se font encore timides sur les grandes décisions à prendre sur la dépense et la nature du financement