« La hausse des taux longs affectera le PIB américain une fois le QE2 digéré »
L’Agefi: Selon vous, la BCE va-t-elle poursuivre ses mesures de liquidités exceptionnelles au-delà du premier semestre 2011 ?
Marie Giraud: La BCE a montré qu’elle pouvait sortir du cadre et mettre en œuvre des solutions non conventionnelles car c’est la survie de la zone euro qui est en cause. Si les achats de dettes par la BCE n’ont pour effet que de donner de la liquidité au marché, c’est la solvabilité de certains pays qui est en cause. La BCE ne peut qu’avoir des réponses plus marquées du côté liquidité, inciter à réformer politiquement et ainsi continuer ses achats d’obligations. La normalisation n’est donc pas pour demain. Les perspectives de croissance 2011 en baisse pour cause d’austérité budgétaire et de hausse des taux longs dans les pays fragiles ne militent pas pour un retrait des liquidités dans les mois à venir.
Quels seront les effets du second tour d’assouplissement quantitatif de la Fed sur les taux à 10 américains ?
C’est un exercice difficile pour la Fed que de vouloir soutenir la croissance et faire revenir les anticipations d’inflation en injectant des liquidités sans faire remonter les taux longs. Depuis l’annonce du second tour de l’assouplissement quantitatif (QE2), le taux 10 ans américain n’a cessé de grimper, dopé par une accélération de l’activité américaine. La Fed achète pourtant 110 milliards de Treasuries chaque mois. On pourrait douter de l’efficacité du QE, mais ce sont bien ses effets et sa mise en œuvre qui ont permis d’empêcher les taux longs de remonter plus fortement. Une fois le QE2 digéré, la récente hausse des taux longs pèsera sur la croissance 2011 et c’est un QE3 qu’il faudra peut-être encore envisager. L’histoire se répéterait et le poids de la dette américaine pourrait faire remonter cette fois-ci définitivement les taux longs.
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