La guerre souterraine des changes se poursuit sans faiblir
Une bonne façon du juger du succès du G20 de ce week-end consistera à regarder si la guerre des changes souterraine qui fait rage baisse d’intensité. Ce ne serait pas un mince résultat.
La réunion de Washington avait été précédée de rudes passes d’armes.
Le secrétaire américain au Trésor Jack Lew a notamment fermement enjoint à Tokyo de rien faire qui vise à affaiblir le yen.
A la surprise du Japon, ses dernières décisions, même de passer aux taux négatifs, n’ont pas fait baisser le yen, bien au contraire.
Sa hausse – à 108 yen pour un dollar – va bien au-delà de ce que Tokyo juge supportable pour son économie.
Mais Washington n’en a cure. Les Etats-Unis, qu’il s’agisse de la Réserve fédérale ou du Trésor, sensible aux plaintes des entreprises, ont décidé qu’il était tant que le dollar s’affaiblisse.
Faute de quoi la croissance serait en risque.
En dehors du yen, l’euro l’autre grande victime de ce nouveau cours. Il n’a pas non plus baissé après les mesures annoncées par la BCE mais bien remonté à quelque 1,13 dollar.
Ce rééquilibrage n’est pas en soi sans vertu, car il relâche la pression sur nombre d’émergents et permet à la Chine de mieux gérer sa politique de change.
Mais il doit être ordonné si on veut éviter les chocs, même chez les plus solides des émergents.
C’est le cas de Singapour qui a opté pour un régime de stabilité absolue de son taux de change réel contre dollar.
Une mesure surprise qui a fait baisser sa devise et obligé ses voisins, Chine comprise, à réagir.
Il faut une époque, dans les années 80, où des accords monétaires officiels stabilisaient les parités. Ces temps sont loin.
Aujourd’hui, au mieux on se coordonne. Mais chacun tient toujours le doigt sur la gâchette !
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