La guerre des prix du minerai de fer entraîne le marché vers le bas
Depuis début 2014, les cours du minerai de fer ont subi une baisse de plus de 60%. Ce minerai, que l’on retrouve dans la fabrication de l’acier principalement utilisé pour la construction et les infrastructures, est le métal le plus consommé au monde en termes de volumes (environ 2 milliards de tonnes en 2014). Comme pour les autres métaux industriels, la Chine en est devenue ces dernières années le principal consommateur et ce dans des proportions impressionnantes: ce pays absorbe en effet 70% de la consommation mondiale. Or, en 2014, pour la première fois depuis dix ans, la consommation chinoise d’acier s’est affichée en repli (-3%).
Le ralentissement chinois constitue ainsi un premier facteur de baisse des prix du minerai. Cependant, la principale explication de ce mouvement est plutôt à chercher du côté de l’offre. En effet, depuis plus d’un an, les principaux producteurs se sont lancés dans une véritable guerre des prix. Rio Tinto et BHP Billiton, deux sociétés minières représentant près de 30% de la production mondiale de minerai de fer, ont clairement affiché leur stratégie. Dotées d’actifs de grande qualité en Australie, elles bénéficient de faibles coûts d’extraction (estimés aujourd’hui sous les 20 dollars/tonne) et augmentent massivement leur production. En 2014, Rio Tinto a augmenté ses volumes extraits de 12% et BHP de 20%, et les deux sociétés continuent sur leur lancée en 2015 alors que la consommation d’acier stagne.
Ainsi, les leaders mondiaux fragilisent et cherchent à éliminer les concurrents marginaux aux coûts plus élevés. Ces dix dernières années, le marché du minerai de fer était porté par le développement fulgurant de la Chine et de ses infrastructures. Les prix s’établissaient en moyenne au-dessus des 100 dollars/tonne et de nombreuses mines de petite taille, avec des coûts de production plus élevés se sont développées, en Chine notamment.
Les leaders du secteur privilégient donc aujourd’hui leurs parts de marché au détriment du prix, un scénario qui n’est pas sans rappeler celui du pétrole actuellement. Assainir le marché pourrait néanmoins prendre du temps et les prix peuvent rester bas un certain temps. Il n’est en effet pas si simple d’éliminer des acteurs dans un secteur à très forte intensité capitalistique où les producteurs sont souvent engagés dans des projets à très long terme.
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