La guerre des changes fait rage en Asie
Le scénario d’une guerre des monnaies redoutée par les économistes prend forme en Asie. La bataille fait rage entre les grandes banques centrales de la région dont les principales économies sont pénalisées par la baisse du yen, elle-même alimentée par la politique agressive d’assouplissement monétaire de la BoJ (Banque centrale du Japon). L’Archipel a d’ailleurs été rappelé à l’ordre vendredi par les Etats-Unis avant la réunion du G7. Le secrétaire américain au Trésor Jack Lew a indiqué que le Japon devait régler ses problèmes de croissance en s’en tenant aux accords internationaux qui proscrivent les dévaluations compétitives.
La dernière réplique est venue jeudi dernier de la Corée du Sud. La banque centrale sud-coréenne a abaissé son taux directeur de 25 points de base à 2,5% afin de soutenir les efforts de relance, et de favoriser les exportations mises à mal par l’appréciation du won. La devise sud-coréenne s’est appréciée de 12,8% par rapport au yen depuis le 1er janvier 2013.
La banque centrale a précisé que les décisions récentes adoptées par d’autres banques centrales avaient influencé cette première baisse de taux directeur en sept mois qui a pris les observateurs de court. Quelques jours auparavant, la Banque centrale australienne (RBA) avait également créé la surprise en réduisant son principal taux directeur de 25 points de base à 2,75% pour tenter de faire baisser le dollar australien qui s’est renchéri de 12,6% par rapport au yen depuis le début de l’année.
La banque centrale de Nouvelle-Zélande a aussi admis la semaine dernière avoir pris des mesures sur le marché des changes pour faire reculer le dollar néo-zélandais, et être prête à intervenir davantage.
La BCE a aussi fait le choix de l’assouplissement monétaire pour soutenir la croissance depuis plusieurs mois mais la situation semble plus justifiée. «L’action de la BCE est compréhensible dans le contexte de détérioration rapide de l’économie de la zone euro, mais il y a plus d’inquiétude à avoir pour le cas des pays qui font de l’assouplissement pour prévenir une appréciation supplémentaire de leur devise», estiment les analystes de Société Générale. Ils ajoutent que le contexte de désinflation pousse certains pays à intervenir même lorsque la croissance domestique est robuste.
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