La Grèce testera le mois prochain le degré d’implication de ses créanciers privés
Le succès du deuxième plan de sauvetage de la Grèce dépendra en partie de l’implication de ses créanciers privés. Le pays l’a bien compris. Athènes a d’ailleurs prévu de tenir une réunion jeudi sur le rôle du secteur privé, avec la présence des participants étrangers. «La procédure [d’échange de dette, ndlr] est à présent sous le contrôle de l’Etat grec et la première réunion de travail pertinente au niveau international se tiendra le jeudi 28 juillet à Athènes», a rapporté un membre du ministère des Finances du pays à Reuters. Le ministre des Finances adjoint, de son côté, a déclaré que l’échange débuterait en août.
L’issue de la réunion est cruciale, la Grèce étant dans l’obligation de convaincre ses créanciers privés de participer massivement à la procédure d’échange de dette récemment proposée par l’IIF. Un véritable défi, les autorités européennes visant un taux de participation de 90% du secteur privé ‑soit 54 milliards d’euros de dettes souveraines grecques (GGB) de maturité allant de la mi-2011 à la mi-2014 sur les 60 milliards éligibles.
Le taux de participation dépendra de la valorisation des dettes reçues, selon les options choisies, au nombre de quatre. Pour calculer la valeur actuelle nette des obligations reçues (autour de 79%), l’IIF a pris pour hypothèse un taux d’actualisation plat de 9%, alors que la courbe zéro coupon de la Grèce fait ressortir des taux oscillant entre 16% et 18% sur la partie 0-10 ans puis décroissant progressivement. «L’hypothèse de 9% est basée sur l’impact attendu du deuxième plan de sauvetage sur la courbe des taux grecque, notent les stratégistes de BNP Paribas. Sans aucun doute la forme actuelle de la courbe de taux grecque zéro coupon intègre un risque de défaut imminent sur la partie courte, qui devrait théoriquement diminuer.»
La banque s’est cependant amusée à calculer la valeur des titres reçus en utilisant les vrais taux zéro-coupon de la Grèce. La valeur actuelle nette de la dette à 30 ans reçue contre la dette au pair (option 1) ressortirait à 68,27% contre 79,35 avec l’hypothèse des 9%. Dans l’option d’un échange à 30 ans avec décote sur le nominal, elle s’établirait à 66,61, à comparer à 79,30. Pour l’option de l'échange à 15 ans avec décote sur le nominal, elle ne s’élèverait qu’à 63,32 par rapport à 78,4. Les porteurs des titres proches de leur maturité, mieux valorisés sur le marché, auraient le plus à perdre.
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