La Grèce sera contrainte de demander plus d’efforts aux créanciers privés
Pour que la dette grecque retrouve un niveau soutenable à 80 % du PIB dans quatre ans environ, il faudrait envisager une décote de 50 % sur sa dette
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Solenn Poullennec
La Grèce pourrait bien solliciter des sacrifices supplémentaires de ses créanciers privés. Après le sommet du 21 juillet, les dirigeants européens ont demandé aux détenteurs de dette grecque de s’impliquer à hauteur de 135 milliards d’ici à 2020 dans le sauvetage du pays. Mais ce plan baptisé «PSI» pourrait être insuffisant pour Athènes. «Nous attendons un PSI ‘plus’» a déclaré le ministre des finances grec Evangelos Venizelos hier. Ce qu’a cependant nié le vice-président grec Theodoros Pangalos lors d’une conférence à Paris dans la journée.
Le plan implique une décote de 21% sur les obligations arrivant à maturité jusqu’en 2020. Athènes n’a toujours par révélé quelle était la participation des créanciers, qu’elle espérait à 90%. Mais selon les projections de l’Institute of International Finance, la bonne volonté des créanciers doit permettre au pays de réduire sa dette nette de 156 à 144% du PIB à la fin de l’année 2011. Le ratio devrait passer à 122% du PIB en 2015 et 98% en 2020. A condition que le programme de privatisations porte ses fruits, que la croissance revienne et que le pays dégage un surplus budgétaire.
Ce scénario rose semble de plus en plus improbable. «Il semble inévitable que la Grèce ait besoin d’une restructuration de sa dette bien plus étendue que celle qui a été décidée en juillet», estime David Mackie, économiste chez JPMorgan dans une note. Dans l’idéal, il faudrait restructurer la dette dès maintenant car une fois le «PSI» terminé, le pays ne pourra plus faire défaut sur le principal des nouvelles obligations émises. Toutefois la banque juge que le scénario le plus probable est celui d’un nouveau plan au printemps et que la Grèce pourrait gagner au maximum 100 milliards d’euros sur les obligations arrivant à maturité jusqu’en 2020.
L’impact d’une nouvelle restructuration est cependant très difficile à évaluer, faute de savoir exactement quel montant de dette détiennent l’ensemble des créanciers privés et la BCE. «Si on pratique une décote de 50% sur toute la dette grecque on estime généralement qu’on pourrait réduire la dette à 80% du PIB à l’horizon 2014-1015», explique l’économiste Gilles Moec chez Deutsche Bank. A la lumière des travaux des économistes Carmen Reinhart et Kenneth Rogoff et compte-tenu des pressions auxquelles est soumise la Grèce, 80% est le niveau de dette maximum que certains jugent soutenable.
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