La Grèce s’apprête à vivre en 2012 une cinquième année de récession

La contraction du PIB est intervenue dès 2008, estime l’Autorité grecque des statistiques. Athènes table pour 2012 sur une récession de 2,5%
Antoine Duroyon

C’est un cap symbolique dont la Grèce se serait bien passé : 2012 marquera pour Athènes un cinquième exercice marqué au fer rouge de la récession. Selon l’Autorité grecque des statistiques, qui vient de réviser ses chiffres en lien avec Eurostat, l'économie grecque s’est contractée dès 2008, à hauteur de -0,2% contre une estimation initiale de croissance de 1%. En 2009, la situation a empiré puisque le PIB a plongé de 3,2%, bien plus que la précédente évaluation de -2%.

En revanche, le curseur a pris le chemin inverse en 2010, la contraction étant révisée de 4,5% à 3,5%. Le projet de budget 2012 transmis lundi aux parlementaires par le ministère des Finances compense un dérapage de 0,7 point de PIB projeté dans le cadre de l’exécution du budget 2011. «Cette déviation est attribuable, en majeure partie, à une récession bien plus profonde qu’anticipé en 2011 et qui atteindra -5,5% contre -3,8% du PIB en juin», a prévenu le ministre des Finances Evangelos Venizelos.

En conséquence, le gouvernement table désormais pour cette année sur un déficit budgétaire représentant 8,5% du PIB, contre un objectif initial de 7,8% et de 7,6% dans le cadre du plan de la troïka. Dans l’incapacité de combler ce «trou» de 0,7 point d’ici la fin de l’année, la Grèce a décidé, en accord avec la troïka, de fusionner les objectifs budgétaires de 2011 avec ceux de 2012. L’exécutif, qui a présenté de nouvelles mesures d’urgence, dont une taxe immobilière, table sur un déficit ramené à 6,8% du PIB l’an prochain. Et cela, dans un environnement récessif estimé à -2,5%.

Alors qu’un nouveau mouvement de grève nationale a éclaté hier en Grèce, l'échéance la plus importante reste l’obtention du feu vert de la troïka au déblocage d’une sixième tranche d’aide de 8 milliards d’euros. «Nous progressons mais lentement. Le motif principal est qu’il (le gouvernement grec) a besoin de plus de temps», a confié hier à Reuters une source proche de la mission UE - FMI - BCE. L’examen budgétaire des exercices 2013 et 2014 resterait ainsi encore en chantier. «Nous devons être certains que la stratégie à moyen terme est sur les bons rails», a ajouté la source. Mais de son côté, la troïka n’a pas encore achevé sa propre estimation du déficit 2011.

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