La Grèce reprend des forces mais reste soumise à un risque politique
Les conditions économiques s’améliorent et les déséquilibres se résorbent progressivement mais la coalition gouvernementale est fragile
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Antoine Duroyon
La Grèce paie le prix des turbulences sur les marchés émergents. Membre de l’indice MSCI Emerging Markets depuis novembre dernier, le pays a vu ses coûts de financement se tendre sur les marchés depuis une quinzaine de jours (autour de 8,6% vendredi). Il avait pourtant retrouvé de l’attrait tout au long du deuxième semestre 2013, ce qui s’était traduit par une détente des rendements obligataires d’environ 250 points de base.
Sous perfusion depuis presque quatre ans, la Grèce a montré récemment des signes encourageants. Les ventes au détail ont progressé en novembre (+2,9% en variation annuelle), pour la première fois depuis avril 2010, tandis que le PMI manufacturier a atteint un point haut de plus de quatre ans en décembre, à 49,6, et que l’activité touristique redécolle.
Sous l’effet des réformes, qui ont abaissé de près de 20% les coûts unitaires du travail, le pays corrige progressivement ses déséquilibres macroéconomiques. Le pays a dégagé un excédent primaire (hors service de la dette) de 603 millions d’euros l’an dernier sur la base du budget central. Sur son compte extérieur, la Grèce devrait générer un excédent d’un milliard d’euros environ.
Athènes est en passe de remplir avec un an d’avance l’objectif que la Troïka (Union européenne, Banque centrale européenne, Fonds monétaire international) lui avait assigné. Un point crucial dans la perspective de discussions sur un aménagement de la dette avec les partenaires de la zone euro. Cet effort pourrait prendre la forme d’une extension des maturités, d’un abaissement des taux d’intérêt et d’une diminution des besoins de co-financement auprès de l’UE. «Nous pensons toujours que le niveau d’aménagement nécessaire afin de rendre la dette publique soutenable devrait dépasser celui qui est suggéré dans le dernier rapport du FMI (4% du PIB)», estime Gyorgy Kovacs, économiste chez UBS.
Les motifs d’inquiétude propres à la Grèce n’ont pas disparu pour autant. Les discussions avec la Troïka, qui doit conclure son cinquième rapport d’inspection, patinent depuis le mois de septembre dernier. Les créanciers internationaux réclament un effort supplémentaire sur 2014-2015. Dans ce climat, la coalition gouvernementale se retrouve fragilisée à quelques mois d’élections européennes et municipales qui pourraient propulser sur le devant de la scène le parti anti-austérité Syriza.
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