La Grèce reprend des forces mais reste soumise à un risque politique
La Grèce paie le prix des turbulences sur les marchés émergents. Membre de l’indice MSCI Emerging Markets depuis novembre dernier, le pays a vu ses coûts de financement se tendre sur les marchés depuis une quinzaine de jours (autour de 8,6% vendredi). Il avait pourtant retrouvé de l’attrait tout au long du deuxième semestre 2013, ce qui s’était traduit par une détente des rendements obligataires d’environ 250 points de base.
Sous perfusion depuis presque quatre ans, la Grèce a montré récemment des signes encourageants. Les ventes au détail ont progressé en novembre (+2,9% en variation annuelle), pour la première fois depuis avril 2010, tandis que le PMI manufacturier a atteint un point haut de plus de quatre ans en décembre, à 49,6, et que l’activité touristique redécolle.
Sous l’effet des réformes, qui ont abaissé de près de 20% les coûts unitaires du travail, le pays corrige progressivement ses déséquilibres macroéconomiques. Le pays a dégagé un excédent primaire (hors service de la dette) de 603 millions d’euros l’an dernier sur la base du budget central. Sur son compte extérieur, la Grèce devrait générer un excédent d’un milliard d’euros environ.
Athènes est en passe de remplir avec un an d’avance l’objectif que la Troïka (Union européenne, Banque centrale européenne, Fonds monétaire international) lui avait assigné. Un point crucial dans la perspective de discussions sur un aménagement de la dette avec les partenaires de la zone euro. Cet effort pourrait prendre la forme d’une extension des maturités, d’un abaissement des taux d’intérêt et d’une diminution des besoins de co-financement auprès de l’UE. «Nous pensons toujours que le niveau d’aménagement nécessaire afin de rendre la dette publique soutenable devrait dépasser celui qui est suggéré dans le dernier rapport du FMI (4% du PIB)», estime Gyorgy Kovacs, économiste chez UBS.
Les motifs d’inquiétude propres à la Grèce n’ont pas disparu pour autant. Les discussions avec la Troïka, qui doit conclure son cinquième rapport d’inspection, patinent depuis le mois de septembre dernier. Les créanciers internationaux réclament un effort supplémentaire sur 2014-2015. Dans ce climat, la coalition gouvernementale se retrouve fragilisée à quelques mois d’élections européennes et municipales qui pourraient propulser sur le devant de la scène le parti anti-austérité Syriza.
Plus d'articles du même thème
-
Irivest IM lance un fonds flexible, un an après la fusion de Chahine Capital et Dynasty AM
Ce produit ajuste chaque mois son exposition aux actions de 0 % à 100 % grâce à un modèle quantitatif. -
L'affaire Malakoff Humanis tombe mal pour une éventuelle cession de Sienna Gestion
Le groupe mutualiste cherche actuellement un repreneur pour Sienna Gestion, mais la vente pourrait être repoussée. -
La Macif projette 1,5 milliard d'euros d'investissements durables d'ici 2029
L'assureur mutualiste se fixe un nouvel objectif d'investissements durables entre 2025 et 2029, après avoir investi en 2025 deux fois plus que sa cible annuelle initiale. -
Le fonds de pension belge OFP Prolocus lance la sélection du gestionnaire et du dépositaire de sa future Sicav
La caisse de retraite complémentaire des pouvoirs locaux flamands recherche, en une seule procédure, le gestionnaire et le dépositaire du support de placement qu'elle va créer. -
Schroders vise une dizaine d’ETF actifs d’ici la fin de l’année
Le gestionnaire d’actifs britannique a déjà réuni 3,5 milliards de dollars d’actifs depuis le lancement de sa plateforme d’ETF actifs en septembre dernier. -
DWS commercialise un fonds dédié aux matériaux essentiels
Le gestionnaire d’actifs allemand va se concentrer sur les producteurs et la chaîne de valeur du secteur minier avec ce véhicule.
ETF à la Une
KBC AM dévoile trois ETF Ucits
- Malakoff Humanis visé par une enquête du PNF sur la sélection de ses gérants
- La guerre en Iran relance l’intérêt des obligations indexées sur l’inflation
- Léa Dunand-Chatellet prend la direction générale de Mirova
- Amundi étoffe sa gamme d'ETF actifs obligataires
- Le Conseil européen approuve SFDR 2.0 avec quelques amendements
Contenu de nos partenaires
-
JackpotDepuis la levée des sanctions américaines, l'Iran exporte son pétrole à tour de bras
Téhéran vend massivement son or noir à la Chine avant que la fenêtre des 60 jours prévus par l'accord ne se referme -
Tribune libreFrance-Allemagne : retraites, réforme et révolution
La différence avec la France vient surtout de l’existence d’une éthique de la discussion très ancrée, au niveau politique et parlementaire, comme au niveau des partenaires sociaux et des entreprises -
EtalonnageConsensus politique et transition longue : la recette du passage à la retraite à 67 ans en Allemagne
Berlin a acheté la paix en mettant en place un départ anticipé pour carrière longue, dispositif coûteux aujourd'hui remis en cause.