La Grèce pourrait se passer de l’aide internationale jusqu'à fin 2011
Même si le référendum reporte le versement des 8 milliards d’euros attendus, la Grèce réussirait à éviter un défaut. A très court terme
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Solenn Poullennec
La Grèce joue avec le feu. Le référendum annoncé sur le dernier plan de sauvetage pourrait reporter le versement de l’aide internationale alors que les caisses du pays sont vides. Et les incertitudes restent très grandes sur l’avenir du gouvernement en place et les conséquences du vote annoncé.
L’annonce du vote ne pouvait pas tomber plus mal. La Grèce attend toujours de recevoir la tranche de 8 milliards d’euros (5,8 milliards de la part de l’Union et de 2,2 milliards du FMI) prévue dans le cadre du premier plan d’aide au pays. «Selon tout ce que nous entendons en provenance de Grèce, il n’y a pas de besoin urgent de ce versement avant la mi-décembre, plus ou moins» a relativisé hier un porte-parole du ministre des Finances allemand, Martin Kotthaus.
Pour les analystes de CreditSights aussi «la Grèce devrait avoir assez d’argent pour rembourser ses obligations et faire face à ses échéances». Certes, 10,5 milliards d’euros d’obligations grecques arrivent à maturité d’ici à la fin 2011. Mais ces titres sont pour 7,6 milliards d’euros des billets de trésorerie que le gouvernement peut faire rouler. Si l’on tient compte de l’aggravation du déficit prévue pour cette année, les besoins de financement s’élèvent à 6,3 milliards d’euros. Le gouvernement, qui pourrait encore mobiliser jusqu’à 9 milliards d’euros, éviterait donc la catastrophe. Encore faut-il que cet argent soit effectivement disponible et que les banques acceptent de rouler leurs billets de trésorerie.
Surtout, le défaut ne serait reporté que de quelques mois si les grecs disaient «non» au référendum dont on ne connaît ni la date ni l’objet exact. Selon Fitch, «un rejet du programme de l’Union et du FMI récemment négocié par le gouvernement grec renforcerait le risque d’un défaut désordonné et celui d’une sortie du pays de la zone euro. Les deux options auraient de graves conséquences pour la stabilité financière et la viabilité de la zone euro».
La question pourrait cependant être réglée lors du vote de confiance de vendredi. «Le scénario le plus favorable au marché serait peut-être que le gouvernement perde le vote de vendredi et que le parti d’opposition pro-européen gagne des élections avant Noël avec l’intention d’appliquer le programme d’austérité des Européens», écrivent les analystes de Deutsche Bank.
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