La Grèce fait un premier pas vers ses partenaires européens
La Grèce place ses partenaires européens face à leurs responsabilités. «Le gouvernement grec a soumis à l’Eurogroupe une lettre demandant une prolongation de six mois de l’accord de prêt. L’Eurogroupe n’aura demain que deux choix: accepter ou rejeter la demande grecque. On verra alors clairement qui veut une solution et qui n’en veut pas», a ainsi lâché un haut fonctionnaire grec en réponse à la fin de non-recevoir manifestée plus tôt par Berlin.
Dans la proposition écrite adressée à ses partenaires hier, Athènes s’est pourtant engagé à honorer les «obligations financières de la Grèce envers l’ensemble de ses créanciers», à ne décider aucune «action unilatérale qui compromettrait les objectifs budgétaires, la reprise économique et la stabilité financière», tout en reconnaissant même que le plan de sauvetage en cours liait le pays «tant en ce qui concerne son contenu financier que son volet procédural».
La Grèce a bénéficié du maintien de la ligne d’urgence ELA (emergency liquidity assistance) accordée par la BCE aux banques du pays pendant encore deux semaines, jusqu’à 68,3 milliards d’euros correspondant à un relèvement du plafond de 3,3 milliards. Un montant néanmoins inférieur aux 10 milliards sollicités, alors que le Mécanisme de surveillance unique (MSU) a rejeté la demande d’émettre 5 milliards d’euros supplémentaires d’obligations, et mis en garde les banques contre l’utilisation de l’ELA dans le but d’accroître leur détention d’obligations d’Etat grecques.
«Il est clair que les autorités de l’UE maintiennent la pression sur la Grèce pour que celle-ci accepte une extension du plan de sauvetage», estime SG CIB. La proposition grecque a fait l’objet hier d’une discussion lors d’une téléconférence du groupe de travail de l’Eurogroupe, avant un arbitrage définitif attendu aujourd’hui. Après être tombé à 9,2% en début de journée, le rendement grec à 10 ans est ensuite revenu à 9,6%. Parallèlement, le rendement à 3 ans a également chuté de 300pb à 14,5% en matinée, avant de remonter ensuite à 16,5% en fin de séance.
«Suffisamment de progrès ont été réalisés pour suggérer qu’un accord pour prolonger le programme actuel de prêt ou activer un troisième volet du programme MES restent notre scénario privilégié. Si un accord est effectivement trouvé, il est important de noter qu’il ne s’agira que d’une première étape dans le long chemin vers la résolution de la crise grecque», estime Deutsche Bank.
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