La Grèce devrait trouver 20 à 40 milliards d’euros en échange d’un délai
Les ministres des Finances de la zone euro tiendront mercredi une conférence téléphonique au sujet de la Grèce. Le pays, qui a prévenu qu’il serait à court de liquidités avant la fin novembre, attend que ses bailleurs de fonds lui versent une nouvelle tranche d’aide (31,5 milliards d’euros) et surtout lui accordent un délai de deux ans pour tenir ses objectifs budgétaires. Les économistes entrevoient différentes manières de compenser le coût de ce retard.
Le ministre des Finances grec a semé la confusion la semaine dernière en assurant que son pays avait réussi à reculer la date à laquelle le pays est censé atteindre un excédent primaire de 4,5%, de 2014 à 2016. La Commission a démenti, en soulignant que la Troïka devait encore rendre son rapport sur le pays. Selon l’analyste de BNP Paribas CIB, Gizem Kara, ce délai de grâce coûterait au minimum 20 milliards d’euros. La facture pourrait monter jusqu’à 40 milliards d’euros, par exemple si les recettes des privatisations ne sont pas au rendez-vous.
Selon Gizem Kara et plusieurs de ses confrères, il est fort peu probable que la Grèce bénéficie d’un nouveau prêt. En revanche, une baisse des taux d’intérêt entre 2012 et 2016 permettrait, d’après l’analyste, d’économiser 2 à 3 milliards d’euros. Les banques centrales de la zone euro pourraient aussi accepter d’étendre la maturité des titres grecs qu’elles détiennent (gain estimé: 6,5 milliards d’euros) et, avec la BCE, de rembourser les coupons qu’elles ont reçus sur ces titres (gain estimé: 10 milliards d’euros).
Selon l’analyste, le pays pourrait encore augmenter ses émissions de billets de trésorerie (9 milliards d’euros), faire rouler la dette qu’il détient (5,2 milliards) et vendre ou louer des propriétés publiques (1 à 2 milliards d’euros).
Economiste chez Barclays, Fabrice Montagné estime que la Grèce pourrait compenser le coût de son répit (20 milliards d’euros) en combinant une baisse des taux d’intérêt à un rééchelonnement de ses tombées obligataires. Il ajoute que des institutions comme la Banque européenne d’investissement pourraient tenter de soutenir l’économie. Les analystes de RBS estiment aussi que la Grèce pourrait racheter une partie de sa dette, ce qui améliorerait son ratio de dette sur PIB. Comme beaucoup de leurs confrères, ils soulignent que ces solutions ne sont que temporaires. Pour eux, la Grèce ne pourra pas échapper à un nouvel effacement de sa dette.
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