La Grèce cherche à sécuriser son financement via des bons du Trésor
Les marges financières du gouvernement grec restent très limitées pour s’affranchir de la Troïka. Alors qu’un Eurogroupe exceptionnel se tiendra demain au sujet de la situation grecque, il pourrait donc chercher à obtenir 10 milliards d’euros de financements supplémentaires.
Selon Bloomberg, le ministre de l’économie grec, Yanis Varoufakis, demandera à ce que le plafond d’émissions de bons du Trésor soit relevé de 8 milliards d’euros. L’encours de billets de trésorerie grecs est aujourd’hui d’environ 15 milliards d’euros, soit proche du plafond actuel imposé par la Troïka. Le gouvernement solliciterait aussi le reversement de 1,9 milliard d’euros de plus-values réalisées par les banques centrales nationales de la zone euro sur les titres d’Etat grecs achetés dans le cadre du Securities Markets Programme (SMP). Le gouvernement proposerait enfin de ramener son excédent primaire de 4,5% du PIB à 1,5% et de restructurer la dette.
Le nouveau gouvernement grec a suscité l’inquiétude des marchés et des dirigeants de la zone euro en déclarant qu’il n’accepterait pas la tranche d’aide de 7,2 milliards d’euros qui pourrait lui être versée en cas d’accord avec la Troïka dans le cadre de son programme de sauvetage et ne demanderait pas non plus d’extension de celui-ci alors qu’il expire le 28 février prochain. La Banque centrale européenne (BCE) a pris acte de cette décision en décidant de ne plus accepter les titres grecs en collatéral ce qui contraint les banques du pays à se reposer sur la facilité de liquidité d’urgence (ELA) de la banque centrale grecque.
L’essentiel des remboursements dont devra s’acquitter l’Etat grec d’ici au mois de juillet seront dus au Fonds monétaire international. Ils atteindront 0,8 milliard d’euros en février et 1,5 milliard d’euros en mars et juin. Surtout, l’Etat grec devra rembourser 6,7 milliards d’euros à la BCE entre juillet et août. «Les fonds supplémentaires pour un accord intérimaire devraient provenir d’une combinaison d’une augmentation des émissions de billets de trésorerie, des arriérés du gouvernement et peut-être de 1,9 milliard d’euros de profits du SMP», estime la recherche de Citi.
Selon Citi, «la volonté de la BCE d’augmenter les capacités de l’ELA devrait être l’un des points essentiels d’un accord intérimaire». Alors que les titres grecs ne pourront plus servir aux banques grecques pour se refinancer au guichet de la BCE après le 11 février, les liquidités fournies par la banque centrale grecque dans le cadre de l’ELA pourraient se révéler insuffisantes.
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