La Grèce a bouclé son PSI mais reste dans une situation difficile
Le gouvernement grec vient de procéder aux derniers échanges de titres de droit étranger dans le cadre du plan de participation du secteur privé (PSI), lancé en février dernier. 96,9 % des titres ont été apportés, a annoncé le ministère des Finances grec le 25 avril. En volume, les porteurs obligataires ont accepté d'échanger 199 milliards d’euros d’obligations sur un total d’environ 205,5 milliards. Compte tenu des clauses d’action collective annexées aux obligations de droit grec, ces dernières ont été intégralement échangées. Les 5,5 milliards d’euros d’emprunts d’Etat grecs non apportés sont donc des titres de droit étranger qui restent en circulation.
Plus précisément, les masses obligataires ont refusé l'échange d’obligations émises par les sociétés de transport public OSE et OASA dont le principal s'élève à 1,275 milliard d’euros. Le taux de participation à l'échange a par ailleurs été très faible sur un certain nombre d’obligations d’Etat, libellées en euro, en yen et en dollar. Les raisons peuvent être multiples. D’abord, ces lignes n’ont peut-être pas été identifiées par les investisseurs. Ensuite, il semble que des gérants continuent de faire des paris sur les obligations qui arriveront prochainement à échéance.
C’est particulièrement le cas sur une ligne à taux variable de 450 millions d’euros qui arrivera à maturité le 15 mai prochain. Seuls 14 millions d’euros ont été apporté à l'échange dans le cadre du PSI. Et la ligne traite toujours à 98 % du pair sur le marché. «On ne peut pourtant pas imaginer que le gouvernement grec remboursera ces titres le mois prochain, estime un analyste. Nous nous attendons donc à un défaut sur ces obligations. Il n’aura pas de conséquence puisqu’il n’y a pas de clause de défaut croisé entre les titres anciens et les obligations nouvelles».
Maintenant que le PSI est bouclé, la Grèce n’est pas pour autant sortie d’affaire. Le taux de participation est théoriquement compatible avec l’objectif de réduction de la dette publique à 120 % du PIB en 2020 de la Troïka (UE, FMI, BCE). Mais la situation économique du pays risque de le remettre en cause. L’issue des élections législatives prévue le 6 mai prochain est également un facteur d’inquiétude. Si les partis politiques ne parviennent pas à former une coalition, le pays pourrait encore prendre du retard sur le plan de la Troïka.
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