La Grèce a besoin de 60 milliards d’euros supplémentaires jusqu’en 2018
Voilà un rapport qui, à première vue, tombe à point nommé pour le Premier ministre grec Alexis Tsipras, à quelques jours d’un référendum à haut risque. Dans un avant-projet d’analyse de la soutenabilité de la dette de la Grèce, le Fonds monétaire international (FMI) chiffre à 51,9 milliards d’euros les besoins de financement additionnels sur la période octobre 2015-décembre 2018, dont 36 milliards devraient provenir des créanciers européens.
Compte tenu de l’expiration du plan d’aide le 30 juin, un responsable du FMI cité par le Financial Times estime même que le pays aurait besoin de 10 milliards d’euros supplémentaires sur les quatre prochains mois. Mais ce n’est pas que d’un afflux de liquidités dont la Grèce a besoin, estime le Fonds monétaire. L’organisation de Washington plaide aussi en faveur d’un doublement des maturités de la dette existante, de 20 à 40 ans, et d’une période de grâce de 20 ans sur les remboursements.
En appliquant une telle recette, les objectifs de ratio dette/PIB fixés dans le cadre d’un nouveau plan d’allègement de la dette en novembre 2012 (124% en 2020 et bien en deçà de 110% en 2022) ne seraient pas atteints, mais les besoins bruts de financement s'établiraient en moyenne à 10% du PIB sur la période 2015-2045, un niveau conforme aux prévisions de la cinquième revue (mai 2014). L’Allemagne et les autres créanciers européens ont toujours farouchement rejeté toute idée d’allègement du montant nominal de la dette.
S’il plaide en faveur de certains éléments réclamés par Athènes, le document se veut aussi très critique envers la politique qui a été menée par la Grèce. Les efforts de privatisation n’ont donné lieu qu'à de vagues engagements, les réformes structurelles ont perdu en vigueur et les arriérés se sont accumulés, avec un stock de plus 7 milliards d’euros.
L’appel au référendum suivi de la fermeture des banques et d’un contrôle des capitaux n’ont fait qu’empirer la situation. Alexis Tsipras a promis hier que les problèmes engendrés par cette fermeture des guichets ne dureraient «pas longtemps», affirmant qu’il pensait parvenir à un accord avec ses créanciers 48 heures après le référendum de dimanche. Le Premier ministre a une nouvelle fois fait porter la responsabilité de cette situation aux partenaires de la zone euro qui ont forcé la BCE à geler le plafond des liquidités d’urgence (ELA) pour les banques.
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