La Grande-Bretagne va réformer ses fonds de pension
La Grande-Bretagne marche dans les pas des pays nordiques. Londres a annoncé hier le lancement d’une réforme des fonds de pension à prestations définies afin d’alléger la charge des entreprises britanniques. Le projet occupe seulement quelques lignes du document publié à l’occasion du discours d’automne du chancelier de l’Echiquier George Osborne, mais il pourrait avoir une portée aussi large que les réformes engagées plus tôt en 2012 par les Pays-Bas, le Danemark ou encore la Suède.
La consultation du département du travail couvrira deux axes. D’une part, le régulateur des retraites aura «un nouvel objectif statutaire, la prise en compte de la capacité des entreprises sponsors à assumer à long terme les plans de redressement des fonds de pension». D’autre part, le calcul des actifs et des passifs des fonds pourrait être lissé afin de gommer l’impact de la volatilité des marchés. L’objectif est de s’assurer que les contributions des entreprises au financement des retraites «ne constituent pas un frein à l’investissement et à la croissance».
Le Pensions Regulator, gendarme britannique des fonds de pension, a précisé hier qu’il s’attendait à ce que la consultation commence début 2013. «Tout changement affecterait potentiellement les valorisations 2013» des fonds. A fin mars, la Grande-Bretagne comptait près de 5.800 fonds de pension à prestations définies, qui couvraient un peu plus de 8 millions de bénéficiaires.
Reste à connaître les détails de la réforme. Les régulateurs des pays nordiques ont tous modifié le calcul des passifs des fonds de pension en changeant la nature des taux d’actualisation utilisés. Objectif: minorer l’impact de la faiblesse historique des rendements obligataires, qui fait gonfler la valeur des engagements. Ces réformes ont aussi pour effet de diminuer la demande des fonds pour des actifs de longue durée.
Les stratégistes de RBS estiment que les fonds pourraient ainsi utiliser les valeurs moyennes des trois dernières années pour calculer leurs besoins. Au passif, cela entraînerait une hausse moyenne de 25 pb du taux d’actualisation, selon leurs calculs, pour une diminution des engagements de 50 milliards de livres. Mais la réévaluation des actifs, notamment actions, ne serait pas forcément favorable. «Cela ne devrait pas changer la stratégie de couverture des fonds», souligne RBS.
Plus d'articles du même thème
-
Les assureurs se préparent à un été très chaud
Face à l’accroissement de la sinistralité climatique d’année en année, la solidité financière des assureurs est-elle suffisante pour permettre au secteur d’absorber un choc extrême ? C’est ce qu’ont voulu mesurer les analystes de S&P en modélisant les effets d’un événement extrême. L’arrivée d’un super El Niño cet été pourrait concrétiser certaines projections. -
La Bourse américaine plie sous le poids de la tech
Le rebond du Nasdaq a fait long feu. Mardi, l’indice à forte composante technologique a accusé une nouvelle chute, après celle de plus de 4% vendredi, la pire depuis avril 2025. L’euphorie sur le secteur des semi-conducteurs atteint ses limites mais la tech est aussi vulnérable aux taux. -
Les méga-IPO hypnotisent Wall Street
Alors que SpaceX sera coté à partir de vendredi 12 juin à Wall Street, et qu’Anthropic et OpenAI ont officialisé leurs projets de cotation, ces introductions en Bourse géantes soulèvent de nombreuses questions, tant sur les performances à venir que leur impact sur le marché. -
Safran renforce sa présence dans l’industrie allemande de la défense
Le groupe français va investir 50 millions d’euros dans une nouvelle usine de fabrication d’équipements électroniques à Ludwigsburg, près de Stuttgart. -
Carmignac recrute Frédéric Jeanmaire pour muscler sa gestion actions
Le gestionnaire indépendant renforce sa présence à Londres et prépare un nouveau fonds européen. -
La Banque d’Indonésie relève ses taux pour défendre la roupie et sa crédibilité
Cette décision inattendue est plutôt bien perçue, car elle renforce l’image volontariste de la banque centrale qui pourrait choisir de poursuivre cette politique restrictive. Toutefois, cette seule mesure peut s'avérer insuffisante pour stabiliser durablement la devise.
ETF à la Une
WisdomTree rejoint la course aux ETF spatiaux en Europe
- Derrière l’affaire Uzès Gestion, la délicate question de la direction de fait
- La stratégie d'investissement de détail européenne provoque une poussée de fièvre côté français
- L'allègement du reporting ESG divise à Bruxelles
- RockFi s'appuie sur BlackRock pour démocratiser la personnalisation du conseil
- Amundi compte une nouvelle administratrice indépendante
Contenu de nos partenaires
-
Seul en scèneAffaire Lyhanna : Gérald Darmanin peut-il tenir ?
Sur la sellette depuis une semaine, le garde des Sceaux campe sur sa ligne de défense, pointant les responsabilités individuelles dans cet échec judiciaire. Mais la pression va crescendo, à la mesure de la colère des Français -
Comparaisons n'est pas (toujours) raisonJustice : le manque de moyens a bon dos
EN CHIFFRES. Malgré une hausse notable des crédits et des effectifs sous Emmanuel Macron, la justice française peine à rattraper son retard numérique et reste à la traîne en nombre de magistrats face à ses voisins européens -
StatistiqueDates de la présidentielle 2027 : Emmanuel Macron n'est pas encore en retard
Les Français voteront-ils le 11 avril et le 25 avril 2027 ? Ou bien le 18 avril et le 2 mai ? Emmanuel Macron n'a pas encore tranché, mais certains de ses prédécesseurs ont pris plus de temps que lui