La gestion de la crise de la zone euro passera aussi par le FMI
L’idée d’associer plus largement le Fonds monétaire international (FMI) au plan de sauvetage de la zone euro a fait son chemin. A l’issue du sommet européen, les chefs d’Etat ont annoncé une contribution de 200 milliards d’euros à l’institution internationale «pour s’assurer que le FMI a des ressources adaptées pour gérer la crise», indiquent-ils dans leur déclaration commune du 9 décembre. Elle prendra la forme de la forme de prêts bilatéraux, et non celle de quotas à partir desquels sont déterminés les droits de vote.
Les membres de la zone euro apporteraient 150 milliards tandis que d’autres Etats membres de l’Union européenne contribueraient à hauteur de 50 milliards. L’engagement définitif sera connu d’ici le week-end prochain. Ce sont les banques centrales nationales qui pourraient procéder à ces engagements, et non la BCE, puisqu’une telle contribution pourrait être considérée comme une monétisation de la dette publique. Toujours pour ne pas aller à l’encontre des traités européens, les fonds ainsi apportés à l’institution internationale ne devront pas être cantonnés dans un fonds spécifiquement dédié à la zone euro.
Quelles que soient ces précautions de forme, il s’agit pour les institutions nationales «d’imprimer de la monnaie», explique Padhraic Garvey, responsable de la stratégie taux d’ING. Les grands pays émergents sont également invités à participer, via le FMI, une formule qui leur conviendra davantage qu’une contribution au FESF. Pour David Mackie, économiste chez JPMorgan, la BCE semble avoir accepté cette contribution des banques centrales nationales au FMI comme un moyen de faire face aux besoins de financement très importants des Etats européens dans les prochains mois.
Car la force de frappe européenne est encore limitée. En la matière, les dirigeants ont toutefois annoncé l’accélération de la mise en place d’un Mécanisme européen de stabilité (MES), réformé pour être plus réactif, en juillet 2012. La capacité totale maximale du FESF et du MES serait de 500 milliards d’euros. D’après le communiqué commun, elle sera réévaluée dès mars prochain, mais Angela Merkel a déjà affirmé qu’elle ne dépasserait pas ce plafond. L’efficacité du MES est encore incertaine. Dans le brouillon de la déclaration commune, le MES devait pouvoir se refinancer auprès de la BCE, ce qui aurait accru son effet de levier, mais la mention a été supprimée dans le document final.
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