La gestion de BNP Paribas continue de perdre du terrain
Dans un climat général plus propice sur les marchés d’actions en ce début d’année, BNP Paribas Investment Partners (IP) a traversé le premier trimestre avec difficulté. La filiale de la banque française accuse une décollecte de 7 milliards d’euros. Elle avait déjà connu pareille mésaventure au dernier trimestre 2012, au cours duquel elle avait subi un retrait net de 7,7 milliards. Elle en est donc à son quatrième trimestre consécutif de décollecte (-9,2 milliards au troisième trimestre 2012 et -9,7 milliards au deuxième). Conséquence, son encours sous gestion a reculé de 0,3% par rapport au 31 décembre (à 404 milliards d’euros) et de 4,3% sur un an.
Le métier «est en décollecte, notamment dans les fonds monétaires, avec néanmoins une bonne dynamique dans les marchés émergents», expliquait BNP Paribas le 3 mai dernier. Il est vrai que les fonds monétaires souffrent depuis un an. Natixis Global Asset Management (GAM) a par exemple enregistré une décollecte de 1,4 milliard dans cette classe d’actifs. Le contexte général est également défavorable: le modèle économique de la gestion est mis à mal par la réglementation, la volatilité des marchés ces dernières années a fait fuir les particuliers et, en France, le doublement du plafond du Livret A concurrence les produits de gestion fiscalisés.
Cela dit, les concurrents de BNP Paribas IP s’en sont mieux sortis. Amundi, la filiale de Crédit Agricole SA et de la Société Générale, a collecté 11,1 milliards d’euros en ce début d’année, ce malgré une décollecte de 2,4 milliards dans ses réseaux partenaires (Crédit Agricole, LCL; SG et Crédit du Nord). Gérant 746,2 milliards d’euros (+2,6% sur un trimestre), elle avait déjà signé une belle performance au trimestre précédent (+15,2 milliards).
Les gérants exposés aux Etats-Unis ont profité de la remontée des marchés outre-Atlantique. Natixis GAM, qui bénéficie de l’acquisition du gérant américain McDonnell, et les gestions d’Axa ont respectivement collecté 3,1 et 8,4 milliards d’euros (6,5 milliards pour Axa IM et 1,9 milliard pour l’américain Alliance Bernstein). De quoi effacer les décollectes enregistrées au dernier trimestre 2012. La filiale de BPCE totalise 613 milliards d’euros d’encours au 31 mars (+3,7% par rapport à la fin 2012), dont 47% proviennent d’outre-Atlantique. Les encours ont progressé de 2% chez Axa, à 562 milliards pour Axa IM et 367 milliards pour Alliance Bernstein.
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