La gestion d’actifs génère des profits record mais ses marges baissent
Pour la gestion d’actifs mondiale, 2014 est l’année de tous les records, ou presque. Le secteur n’a jamais été aussi profitable, selon l’enquête annuelle du cabinet McKinsey sur le secteur publiée aujourd’hui. «Pour la première fois, les profits de l’industrie en Europe de l’Ouest ont dépassé leur niveau de 2007», explique Jonathan Klein, co-auteur du rapport.
Les sociétés de gestion du Vieux Continent ont dégagé 11,2 milliards d’euros de bénéfices au cours de l’exercice écoulé, celles d’Amérique du Nord 30,3 milliards, et celles des pays émergents 8,4 milliards.
Si les profits sont au plus haut dans les trois régions, les marges sur encours n’ont pas renoué avec la situation d’avant la crise financière de 2008, même dans les marchés émergents. Depuis, la base de coûts des sociétés de gestion a crû globalement de 44%. La bataille commerciale continue de faire rage dans certaines régions, les produits et modèles opérationnels sont de plus en plus complexes et le coût de la régulation alourdit les dispositifs. «Les coûts informatiques et opérationnels continuent d’augmenter, notamment en Europe en prévision de la directive MIF 2 sur la protection des épargnants, mais les dépenses liées au digital restent encore très faibles», déplore Jonathan Klein.
«Dans tous les domaines, les charges augmentent à peu près au même rythme que les encours en Europe et aux Etats-Unis», poursuit le consultant. Pour McKinsey, «cela signifie que l’industrie a échoué à profiter du potentiel de levier opérationnel inhérent au business model de la gestion d’actifs». En d’autres termes, à gérer plus d’actifs à coût égal.
L’an dernier, les encours sous gestion ont battu un nouveau record pour atteindre 57.000 milliards de dollars, soit 5.000 milliards de plus qu’en 2013. Cette troisième année de hausse consécutive est due au rebond des Bourses et à des flux nets égaux à 3,3% des encours. «Depuis la crise, la collecte oscillait plutôt entre -2% à +2% des encours», indique Jonathan Klein. La dynamique s’améliore en Europe (+4%), tandis que le marché nord-américain revient en territoire positif, porté par les épargnants individuels.
La Chine concentre l’essentiel des flux des pays émergents grâce aux plates-formes en ligne de fonds monétaires, comme celle lancée par le site Alibaba et Tianhong AM. Enfin le Japon reste dans le rouge, les fonds de pension nippons ayant retiré 106 milliards de dollars l’an dernier.
Plus d'articles du même thème
-
Les ETF actifs atteignent un nouveau record d’encours à 2.560 milliards de dollars
Quelque 1.019 ETF actifs, commercialisés par 253 sociétés différentes, ont été lancés au cours des six premiers mois de 2026. -
Vodafone réjouit les investisseurs en relevant ses prévisions
L’opérateur télécoms britannique a publié des résultats supérieurs aux attentes et relevé ses objectifs annuels après la montée au capital de l’africain Safaricom. Une bonne nouvelle pour son nouvel actionnaire de référence Xavier Niel. -
Le crédit poursuit sa bonne dynamique en zone euro
Les prêts aux entreprises non financières ont continué sur leur lancée en rythme annuel avec +4% en juin comme en mai, tandis que les prêts aux ménages ont progressé au rythme de 3% sur un an pour le septième mois de suite. -
Le taux d’opposition des gérants en assemblée générale reste élevé
Pour la saison 2026, BNPP AM s’est opposé à 31% des résolutions et la Caisse des dépôts à 36%. Rémunérations et nominations d’administrateurs demeurent les résolutions les plus à risque. La France tire toujours la gouvernance mondiale vers le haut. -
Le fabricant de puces chinois CXMT s'envole pour ses débuts en Bourse
L'action a été multipliée par près de six, portant sa capitalisation boursière à plus de 428 milliards d'euros, au-dessus de celle du géant bancaire ICBC. -
Raphaël Zenou rejoint Natixis IM pour développer les ETF
Natixis Investment Managers recrute un ancien d’Amundi et Lyxor pour développer sa stratégie ETF à Paris.
ETF à la Une
Amundi met en place deux ETF sur les puces mémoire et les centres de données
- Mirova négocie la cession de son pôle private equity à Jolt Capital
- La gestion d'actifs sauve tout juste les résultats de Lazard
- Amundi met en place deux ETF sur les puces mémoire et les centres de données
- Nicolas Calcoen rejoint le conseil d’administration de Victory Capital
- BNP Paribas collecte 6 milliards d’euros en gestion d’actifs au deuxième trimestre 2026
Contenu de nos partenaires
-
L'amour du risquePourquoi la Corée du Nord pourrait envoyer 30 000 soldats de plus en Ukraine
Selon le président Zelensky, Pyongyang aurait accepté de fournir de nouveaux contingents d'hommes pour suppléer l'armée russe -
Série (10/28)Un été d'essais politiques : Jacques Delors, le malentendu
Pour l'Opinion, notre chroniqueur Bernard Quiriny a rouvert des essais politiques d’hier à aujourd’hui, des classiques incontournables aux livres de circonstance oubliés -
La City contre-attaqueLondres, indétrônable place financière européenne – ou presque
SERIE. Cet été, l’Opinion vous invite à découvrir les transformations de la City de Londres. Le Brexit puis le Covid ont ébranlé la position de cette place financière, longtemps considérée comme sans rivale en Europe et des plus influentes au monde. Dix ans après le référendum, le centre du pouvoir financier britannique s’est adapté à ces bouleversements