La gestion collective chinoise poursuit sa lente maturation

Le marché pourrait plus que tripler à plus de 800 milliards d’euros d’ici 5 ans selon le consultant Z-Ben
Benoît Menou

L’heure de l’émancipation n’a pas encore sonné pour le secteur de la gestion collective en Chine. Cantonnés à des portefeuilles composés d’actions ou d’obligations (hors de rares contrats à terme sur les grandes capitalisations), les fonds souffrent de la chute des marchés. Ils aimeraient, comme ils l’ont clamé à l’occasion d’une conférence à Shenzhen la semaine passée, pouvoir se muer en véritables gestionnaires d’actifs intégrés, à l’univers d’intervention élargi et aux possibilités d’investissement plus complexes.

Mais aux yeux des pouvoirs publics, ce secteur né en 1998 n’a pas atteint l’âge de raison, avec notamment une expérience moyenne des gérants de 3 à 5 ans. Pékin pourtant distille progressivement à ce sujet des signaux positifs, alimentant les attentes de dynamisme à long terme. Selon François Guilloux, directeur du consultant indépendant Z-Ben basé à Shanghai, le marché de la gestion collective en Chine d’aujourd’hui 2.100 milliards de yuans (245 milliards d’euros) pourrait plus que tripler à 6.900 milliards à l’horizon 2016. Le marché s’élevait à 3.500 milliards fin 2007. Le consultant compte pour cela tant sur la hausse du marché actions que sur la désintermédiation bancaire (près de 4.500 milliards d’euros dormiraient sur les comptes de dépôt des particuliers chinois) et sur les nouvelles réglementations.

Sur ce dernier point, l’ouverture de la distribution des fonds aux banques étrangères à compter du 1er octobre dernier constitue pour François Guilloux une « révolution». Aucun établissement n’a pour l’heure obtenu l’agrément mais les prétendants semblent nombreux.

La Chine reste ainsi une terre de promesses pour l’industrie mondiale de la gestion collective. Trente-six acteurs étrangers sont aujourd’hui présents dans le pays au travers de coentreprises détenues jusqu’à une limite réglementaire de 49%. Une limitation qui, autorisant les transferts de technologies de l’étranger sans abandonner la maîtrise locale des opérations, n’a pas vocation à évoluer, selon Z-Ben Advisors.

Et l’intérêt des acteurs ne se tarit pas, comme en témoigne les nombres records de 200 fonds lancés et de 7 licences opérationnelles accordées cette année, portant le total des gestionnaires à 69. Parmi les nouveaux venus en 2011 figurent trois étrangers, à savoir BNY Mellon, l’UOB de Singapour et le taïwanais Fubon.

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