La gestion britannique s’effraie de l’impact du Brexit
L’Investment Association prévient que des emplois pourraient être touchés. Les sociétés britanniques gèrent 37% des actifs européens totaux.
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Antoine Duroyon
La perspective d'un «hard Brexit» inquiète particulièrement les gérants d’outre-Manche.
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Le Brexit donne des sueurs froides à l’industrie britannique de la gestion d’actifs. Sa principale crainte réside dans la possibilité que les clients d’Europe continentale rapatrient leurs activités de gestion d’actifs au sein de l’Union européenne une fois que le Royaume-Uni sera sorti du bloc européen. L’Investment Association (IA), organisation professionnelle qui représente les professionnels du secteur, a rappelé hier l’importance du hub mondial d’investissement qui s’est constitué outre-Manche.
Au Royaume-Uni, 2.200 milliards de livres (2.540 milliards d’euros) d’actifs étaient gérés pour le compte de clients internationaux à la fin de 2015 et 1.000 milliards de livres d’actifs étaient associés à des fonds domiciliés à l'étranger et gérés outre-Manche. En outre, l’actionnariat des gérants basés au Royaume-Uni a tendance à s’internationaliser. Les sociétés de gestion à capitaux américains opérant au Royaume-Uni représentent désormais 47% des actifs sous gestion de l’industrie.
Dans le contexte du Brexit, l’IA rappelle surtout que les gérants britanniques pilotaient à la fin de l’année dernière 1.200 milliards de livres d’actifs pour le compte de clients basés en Europe, soit près de 37% du total des actifs européens. Un montant supérieur aux encours gérés par les industries française, allemande et italienne combinées.
La perspective d’un «hard Brexit», une rupture radicale avec l’Union européenne, inquiète particulièrement les gérants. L’impact sur l’emploi pourrait être significatif, la gestion britannique employant directement 37.000 collaborateurs et 92.000 en comptabilisant les fonctions associées. «L’industrie de l’investissement a bénéficié de la libre circulation des personnes à travers l’UE et un accès durable aux talents à l'échelle mondiale est de la plus haute importance pour que l’industrie puisse continuer à prospérer», relève l’IA, qui ne chiffre toutefois pas les possibles suppressions de postes en cas de Brexit.
L’Alternative Investment Management Association, qui représente les hedge funds et autres gérants alternatifs, a déjà conseillé aux acteurs de sécuriser leurs activités en installant des entités et en enregistrant des fonds sur le continent. Le gérant coté Intermediate Capital Group (22 milliards d’euros d’actifs) pense ainsi immatriculer des sociétés régulées au Luxembourg et en Irlande avant même la finalisation des négociations sur le Brexit.
Fondée par Laurent Dobler, Nicolas Kieffer et Victor Gutzwiller, la jeune boutique parisienne lance sa première Sicav luxembourgeoise et anticipe un retour des allocataires d’actifs vers la gestion de conviction.
La collecte a été portées par différents pays et différentes typologies de clientèle. R-co Valor et R-co Conviction Credit Euro attirent une bonne partie des flux. Cela permet à la société de gestion d'atteindre les 50 milliards d'euros d'encours.
Goldman Sachs renforce ses positions dans la gestion externalisée des retraites, un marché très disputé où s’affrontent notamment BlackRock, Mercer et Russell Investments.
Le plus important asset manager britannique indépendant cède Benchmark, son activité de conseil financier sur le segment mass affluent gérant 37,1 milliards de livres, à Söderberg & Partners, un groupe présent dans le conseil financier et le courtage d'assurance dans les pays nordiques et aux Pays-Bas.
Eurizon regarde de plus en plus au-delà des frontières italiennes, rapporte Bluerating, citant un article d’Expansión. La société de gestion du groupe Intesa Sanpaolo a en effet engagé une démarche de renforcement international. Aujourd’hui, 17 % des encours d’Eurizon proviennent d’une clientèle extérieure au groupe Intesa Sanpaolo, mais l’objectif est d’augmenter encore cette part.
Le directeur général de Baillie Gifford, Tim Campbell, a annoncé aux collaborateurs de la société qu’ils avaient la possibilité de quitter l’entreprise, alors que celle-ci cherche à recentrer son activité sur les segments du marché à plus forte croissance, révèle le Financial Times. Il a indiqué, lors d’une visio interne récente, que les salariés basés au Royaume-Uni pourraient partir dans le cadre d’un programme de départs volontaires, avant de tenir une réunion réunissant l’ensemble du personnel sur ce sujet. Baillie Gifford, fondée en 1908, gère environ 200 milliards de livres sterling d’actifs et emploie 1.600 personnes au Royaume-Uni. Le gestionnaire d’actifs cherche à développer son activité auprès des family offices, des clients intermédiaires aux États-Unis et en Asie 5conseillers financiers et gérants de fortune), ainsi qu’auprès des clients recherchant une exposition accrue aux actifs privés.
La filiale de gestion d’actifs du groupe BPCE veut combler son retard en lançant ses premiers ETF actifs sur le marché européen d’ici la fin de l’année tout en développant son offre sur le non-coté.
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