La garantie publique apportée à Dexia épargne la dette de la France
Toutefois, une recapitalisation, la création d’une «bad bank» ou l’appel de cette garantie se répercuteraient sur les comptes publics
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Violaine Le Gall
Les gouvernements français et belge ont annoncé hier qu’ils s’engageaient «à apporter leur garantie aux financements levés par Dexia». Comme elles l’ont été entre octobre 2008 et juin 2010, les nouvelles émissions de la banque seront donc garanties. Suite au premier sauvetage de l'établissement il y a trois ans, la France et la Belgique avaient en effet accordé directement leur garantie aux émissions obligataires de Dexia, dans un cadre indépendant de la SFEF mis en place pour les banques françaises. Au total, l’encours de titres garantis de Dexia s'élevait à 31,8 milliards d’euros à fin juin après avoir grimpé à plus de 90 milliards d’euros mi-2009.
Sur les six prochains mois, les financements garantis pourraient représenter 30 à 50 milliards d’euros indiquent les spécialistes de Nomura. A fin juin, Dexia affichait des besoins de financement à court terme de 96 milliards d’euros dont 34 milliards étaient apportés par la BCE, rappellent-ils.
La nouvelle garantie des Etats ne se traduira pas par une détérioration des finances publiques. «En soi, ce n’est probablement pas assez pour affecter la note AAA de la France mais ceci augmente la pression», commente Nomura. L’institut statistique européen Eurostat ne tient pas compte dans le calcul de la dette publique des garanties apportées par les Etats à des banques. Ainsi, les programmes de garantie des Etats européens mis en place après la faillite de Lehman Brothers en 2008 n’avaient pas pesé sur les comptes publics. La situation changerait cependant en cas de défaut, et donc d’appel de la garantie.
En revanche, une nouvelle recapitalisation de Dexia, après celle de 6,4 milliards d’euros réalisée en 2008, se répercuterait sur les comptes des Etats. Ces derniers pourraient aussi être mis à contribution en cas de constitution d’une bad bank, c’est-à-dire d’une structure abritant les actifs en extinction. Elle porterait principalement sur un portefeuille obligataire de 95,3 milliards d’euros. En Allemagne, la bad bank créée en 2010 pour recueillir les 173 milliards d’euros d’actifs toxiques de Hypo Real Estate, baptisé FMS Wertmanagement, a eu un impact. La comptabilisation de ce soutien selon les règles d’Eurostat s’est traduite par une hausse du déficit public allemand de 2010 de 0,9 point à 4,3 % du PIB.
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