La frénésie autour des cat bonds met en risque certains investisseurs
Le succès des obligations catastrophes (cat bonds) ne se dément pas. La titrisation de risques d’assurance (insurance-linked security ou ILS), dont les cat bonds constituent l’un des segments, a encore été très actif en 2013 puisqu’il a atteint son plus haut niveau depuis 2007. Le volume annuel d’émissions de cat bonds s’est établi à 7,47 milliards de dollars, selon les données rassemblées par le cabinet spécialisé Aon Benfield.
A fin 2013, le volume de titres actifs atteignait 20,3 milliards de dollars, un plus haut historique. Cette tendance haussière s’est poursuivie au premier trimestre de cette année. Le volume d’émission est ressorti sur la période à 1,41 milliard de dollars, contre 670 millions il y a un an. Sept opérations ont été comptabilisées, dont les plus importantes ont été placées par des sponsors tels que State Farm, Tokio Marine ou Chubb Group. Les obligations dites «à déclencheurs indemnitaires» ont représenté la majorité des titres émis.
«Le nouveau niveau record de cat bonds souligne l’expansion récente du marché ILS», avec une domination du risque cyclonique aux Etats-Unis, relève l’Eiopa, le régulateur européen des assurances, dans son dernier rapport de stabilité financière. De quoi bouleverser les rapports de force. Le spread ILS a chuté de manière spectaculaire, jusqu’à 30%, pour se rapprocher des niveaux de prix de la réassurance classique.
«Néanmoins, l’environnement persistant de taux bas et les incertitudes sur les marchés de capitaux continuent à attirer les investisseurs, dont la demande pour les cat bonds reste forte», ce qui a pour effet de peser sur le rendement des obligations, ajoute l’Eiopa. Segment encore limité et complémentaire du marché de la réassurance, le marché ILS devrait continuer à gagner du terrain.
«Il reste à voir dans quelle mesure la demande excédentaire pour les cat bonds crée un gisement de risque d’origination qui sous-évalue ces risques et les transfère à des investisseurs qui n’ont pas les moyens de les quantifier et de les inclure de manière adéquate dans leur politique de gestion», prévient le régulateur européen. Ce risque serait toutefois restreint à ceux qui choisissent d’investir en direct, la plupart des acteurs passant par des gérants spécialisés dotés de solides capacités d’analyse.
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