La France veut une base mondiale de données sur les matières agricoles
Nicolas Sarkozy en a fait la proposition lundi, à l’occasion du lancement de la présidence française du G20
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Alexandre Garabedian
Nicolas Sarkozy fait profil bas. Le chef de l’Etat a lancé hier la présidence française du G20 en adoptant un ton prudent vis-à-vis de ses partenaires, notamment les Etats-Unis et la Chine, bien conscient que la volatilité des prix des matières premières et les déséquilibres monétaires mondiaux, deux des priorités de la France, ne pourront être résolus dans l’année.
La lutte contre la volatilité du prix des matières premières agricoles passe par une plus grande transparence. «Nous allons proposer la création d’une base de données commune comme celle dont nous disposons sur le pétrole afin de prévenir les crises alimentaires», a annoncé Nicolas Sarkozy. L’idée est de disposer de données fiables, au niveau mondial, sur les évolutions de l’offre, de la demande et des stocks, a priori sous l’égide de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Reste à vaincre les réticences de grands pays comme l’Inde ou la Chine, pour qui ces données demeurent stratégiques. Le président russe Dmitri Medvedev s’impliquera dans les réflexions sur la régulation des matières premières.
Une fois n’est pas coutume, les préoccupations françaises ont trouvé un écho hier à Londres, où John Beddington, scientifique en chef du gouvernement britannique, rendait un rapport sur le récent pic des prix agricoles. Mais ce dernier met l’accent sur l’abolition de barrières douanières et le développement de capacités de stockage à l'échelon régional.
S’agissant des déséquilibres mondiaux, les pays membres du G20 doivent déjà trouver un consensus sur les critères permettant de les apprécier. «J’espère un accord dès février prochain», a souhaité le chef de l’Etat. La question sera au menu des ministres des Finances du G20 réunis à Paris les 17 et 18 février prochains. L’Allemagne et le Mexique vont par ailleurs co-présider un groupe de travail sur la réforme du système monétaire international.
«Nous proposerons au G20 d'élaborer un code de conduite en matière de gestion des flux de capitaux et, à terme, la conviction de la France est qu’une réforme des statuts du FMI est souhaitable», afin que ce dernier «puisse exercer sa surveillance» sur ces critères, a poursuivi Nicolas Sarkozy. Le président français se rendra fin mars en Chine pour rencontrer son homologue chinois Hu Jintao à l’occasion d’un premier séminaire sur l’ordre monétaire international.
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