La France souhaite peser sur les méthodes d’évaluation internationales
La France ne compte pas pratiquer la politique de la chaise vide dans le débat sur l'évaluation des sociétés. Jusqu’ici absente de l’International Valuation Standards Council (IVSC) dont le Board of Trustees est présidé par Michel Prada, elle vient de se doter d’un organisme, la Fédération française des experts en évaluation (FFEE) qui a été présentée à la presse hier. Sa candidature a été acceptée en octobre dernier par l’IVSC, à la suite d’une longue période de concertation et de lobbying orchestrée depuis fin 2009 par l’AMF avec l’appui des professionnels de la place de Paris concernés.
Jusqu’ici, quatre organisations sont présentes au sein de la FFEE: l’Association française des sociétés d’expertise immobilière (Afrexim), l’Association professionnelle des experts indépendants (APEI), l’Institut français de l’expertise immobilière (IFEI), et la Société française des évaluateurs (SFEV). Son conseil d’administration est présidé par Dominique Ledouble (APEI).
La création de la FFEE vise «à représenter l’expertise et les bonnes pratiques françaises à l’IVSC» afin de peser sur les décisions de réglementation internationales, selon l’organisme. Elle peut compter dans sa mission sur le soutien de l’AMF. Son président, Jean-Pierre Jouyet, indique ainsi que «dans le cadre de son plan stratégique, l’AMF avait indiqué qu’elle appuierait toute initiative ayant pour objet d’assurer une meilleure représentation de la voix française à l'étranger en ce domaine, d’homogénéiser les pratiques en matière d'évaluation et de favoriser l'éthique professionnelle».
Le premier objectif pour la FFEE est d’abord d’attirer en son sein un organe dans le secteur financier. En effet, la valorisation des instruments financiers constitue depuis la crise des subprimes un enjeu international majeur, dans lequel l’IVSC a son rôle à jouer. Michel Prada indique en effet que «la crise financière nous a rappelé que la robustesse de l'évaluation des actifs de toute nature est une composante indispensable du bon fonctionnement du marché». Un autre chantier sera la mise en œuvre de standards internationaux dans la valorisation des sociétés notamment lors des opérations de rachat, afin d'éviter une déconnexion trop forte entre prix de marché et valeur fondamentale et de rétablir la confiance des marchés.
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