La France se résout à abaisser rapidement ses prévisions pour 2012
Pour s’aligner sur l’Allemagne et tenir ses engagements sur la réduction du déficit, le gouvernement devra prendre de nouvelles mesures
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Violaine Le Gall
La pression monte pour que la France cesse de se mentir sur son objectif de croissance 2012. Après la mise en garde de Moody’s, qui réévalue sa perspective sur le AAA de la France, l’Allemagne a, le 20 octobre dernier, réduit sa propre prévision pour l’an prochain, à 1% contre 1,8% anticipé précédemment. Pour le moment, celle de la France, sur laquelle est établi le budget de l’Etat, est encore fixée à 1,75% alors que le consensus des économistes table sur une progression de 0,9%. Mais Bercy, sous la contrainte, semble enfin décidé à mettre fin à ce décalage. Le ministre des Finances François Baroin l’a laissé entendre devant la Commission économique de la Nation le 20 octobre dernier. La révision pourrait avoir lieu après la fin des sommets européens, selon Les Echos.
L’exercice s’annonce délicat puisque, selon l’ampleur de la révision, le gouvernement devra annoncer de nouvelles mesures d’austérité pour respecter ses engagements en matière de réduction du déficit. Si la dégradation est modeste, le gouvernement pourrait réussir à atteindre son objectif de déficit à 4,5% du PIB. Le principal risque pesant sur la croissance vient de l’investissement, ce qui a peu d’impact sur les recettes fiscales, expliquent les économistes d’UBS dans une note du 7 octobre. «Si la croissance est comprise entre 1 et 1,5%, nous croyons que des mesures supplémentaires mineures, qui s'élèveraient probablement à moins de 5 milliards d’euros, permettraient d’atteindre l’ objectif de réduction du déficit», ajoute la banque suisse. Si elle tombe sous 1%, l’objectif n’est «plus tenable» et un budget rectificatif avec des mesures supplémentaires importantes devrait être mis en place, anticipe UBS.
Paris pensait tenir jusqu’aux élections du printemps, mais les marchés perdent patience. Le spread OAT-Bund a touché un nouveau record à 119 pb vendredi avant de refluer à 112 pb. Il s’est écarté de 30 pb en quelques jours. Depuis fin septembre, les taux français à 10 ans se sont écartés de 64 pb à 3,23%. Le niveau moyen sur 2011, de 3,3%, est toujours inférieur aux 3,4% prévus dans le budget pour 2011. Pour 2012, l’Agence France Trésor table sur un rendement moyen annuel de 3,7%.
Enfin, les pressions sur les finances publiques de la France réduisent ses capacités dans le règlement de la crise de la zone euro.
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