La France s’apprête à syndiquer une nouvelle ligne à 50 ans
Emettre de la dette à très long terme ne pose pas de problème à la France. Depuis le début de l’année, les émissions à 15 ans et plus ont totalisé 9,4 milliards d’euros, soit 18,4% du programme annuel de financement fixé à 188 milliards, contre 18,2% pour l’ensemble de l’année 2009. Mais le souverain ne s’arrête pas en si bon chemin. L’Agence France Trésor (AFT) a annoncé hier la création d’une nouvelle obligation de référence à 50 ans, l’OAT 25 avril 2060.
Elle prévoit de la syndiquer pour un montant allant de 3 à 5 milliards d’euros, les chefs de file de l’opération étant Barclays Capital, BNP Paribas, Deutsche Bank, JPMorgan et Société Générale. Le marché s’attend à ce qu’elle soit réalisée d’ici à la fin de la semaine. Par la suite, cette nouvelle ligne sera abondée.
En décembre, l’AFT avait déjà témoigné son intérêt pour une telle maturité. «Cette obligation à 50 ans vise à répondre à une demande explicite des investisseurs. Notamment les assureurs, les fonds de pension, pour des raisons d’adossement actif-passif de leurs bilans, se positionnent sur la partie très longue de la courbe des taux, précise le porte-parole de l’AFT. La tenue de rendez-vous investisseurs en Scandinavie, en Angleterre et aux Pays-Bas a démontré un intérêt certain pour l'émission d’une nouvelle souche de référence à 50 ans en euros». Selon l’AFT, les investisseurs du marché des swaps à 50 ans qui souhaitent être exposés à un Etat noté «AAA» plutôt qu’à une contrepartie bancaire sont aussi très attentifs à cette syndication.
L'évolution du taux de sa précédente référence à 50 ans émise en 2005, suggère un coût de financement intéressant pour la France. Le taux de l’OAT avril 2055 se traitait hier à 4,12%, contre des niveaux dépassant les 4,40% en 2007 et un pic de 4,97% après Lehman. Au vu du contexte actuel de taux d’intérêt bas, le niveau des taux très longs est alléchant d’un point de vue marché.
La vitesse de croisière de l’AFT risque donc de s’accélérer vu qu’elle a déjà réalisé environ 27% (50,7 milliards) de son programme annuel, contre un peu plus de 23% en 2009 à la même période. Sur la courbe des taux réels, la France est aussi active. Fin janvier, elle a placé 2,57 milliards d’euros des obligations indexées à l’inflation française à 10 ans. Elle pourrait choisir d’émettre un nouveau titre indexé à l’inflation européenne (OATei) à 15 ans.
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