La France réduit l'écart de croissance avec l’Allemagne
La menace d’un découplage économique persistant entre la France et l’Allemagne ne s’est pas confirmée dans les chiffres de croissance du dernier trimestre publiés la semaine dernière. L’activité économique dans la zone euro a aussi agréablement surpris nombre d’économistes en augmentant légèrement.
L’Allemagne a enregistré une croissance de 0,4% au quatrième trimestre (après 0,3% au trimestre précédent) et de 1,4% en glissement annuel, selon Eurostat. En France, le PIB est aussi ressorti en légère hausse à 0,3% à la fin de 2013 (contre une croissance nulle) et en hausse de 0,8% sur un an. Cela «confirme notre point de vue selon lequel le découplage entre la France et l’Allemagne reste très limité en terme de taux de croissance même si les perspectives restent bien meilleures pour l’Allemagne», soulignent les économistes de Barclays.
Les enquêtes réalisées auprès de directeurs d’achat par Markit auguraient très mal des perspectives de croissance française au dernier trimestre. Beaucoup d’économistes avaient cependant mis en garde contre tout diagnostic hâtif car les enquêtes de la Banque de France et de l’Insee étaient plus encourageantes. Ceux de Barclays nuancent cependant leur message rassurant pour Paris : «Les chiffres de croissance sont toujours trop bas, particulièrement par tête, pour renverser la tendance sur le marché du travail».
Le PIB de la zone euro est ressorti à 0,3% par rapport au trimestre précédent et en hausse de 0,5% sur un an. Il s’agit du troisième trimestre consécutif de croissance dans la zone euro mais «c’est la première fois depuis le premier trimestre 2011 que tous les cinq grands pays de la zone euro publient des taux de croissance trimestrielle positifs», note Evelyn Hermann, économiste chez BNP Paribas. Celle-ci prédit que «ce mouvement haussier va persister en 2014».
«Les chiffres d’aujourd’hui confirment que le scénario actuel de la BCE d’une reprise graduelle, combinée à une amélioration des conditions financières et quelques mois de faible inflation, est en train de prendre forme, écrit Michel Martinez, économiste de SG CIB. Cependant nous mettrons en garde contre tout optimisme excessif, sachant que seule l’Allemagne présente les conditions nécessaires à une pleine reprise tirée par l’investissement des entreprises». Et de s’inquiéter de la faiblesse persistante de la distribution de crédit et du manque de réformes structurelles dans les pays qui ne sont pas sous programme.
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