La France intègre la règle américaine Fatca sans certitude sur sa réciprocité
L’accord entre la France et les Etats-Unis portant sur la norme Fatca, qui charge les établissements bancaires français de dresser la liste de leurs clients américains est en passe d’être adopté au Parlement. Mais qu’en est-il de sa réciprocité ? L’administration française aura-t-elle la capacité de demander à son homologue des informations sur des clients français expatriés ?
Si ce principe est inscrit dans le paragraphe 1 de l’article 6 du document, la rapporteure de la commission des lois du Sénat a dû admettre qu’il ne s'étend pas à l’ensemble des actifs, dont la valeur de rachat des contrats d’assurance vie par exemple. Un blocage institutionnel «interne aux États-Unis» est à l’origine de cette situation, la transmission par le fisc américain, l’Internal Revenue Service (IRS), étant «subordonnée à l’accord du Congrès, où les élus Républicains - notamment Rand Paul, sénateur de l'État du Kentucky, et Bill Posey, représentant de l'État de Floride - bloquent actuellement la possibilité de communiquer le solde des comptes bancaires, invoquant l’inconstitutionnalité de ces transferts d’informations». Et ce blocage est de nature à reporter sine die l’application de la règle, le secrétaire américain au Trésor Jack Lew ayant fait savoir qu’il ne pouvait pas s’engager sur une date.
Cet obstacle n’a pas empêché l’exécutif français de signer l’accord, confiant dans la démarche du gouvernement américain qui s’est engagé, selon la rapporteure, «à transmettre ces informations dès que le droit interne le permettra». Elle a d’ailleurs préféré «ne pas surestimer les conséquences pour la France de l’absence de réciprocité complète». Selon elle, les comptes seront bien identifiés par l’IRS, «et rien n’empêchera l’administration française d’obtenir, dans un second temps, communication du solde des comptes dans le cadre habituel de l'échange à la demande prévu par la convention fiscale franco-américaine en vigueur».
Il n’en demeure pas moins que ces démarches seront à la charge exclusive de l’administration française. Un coût supplémentaire évoqué par le président de la commission des Finances, qui regrette une collecte d’informations «plus difficile» aux Etats-Unis en raison d’«un système bancaire bien moins concentré qu’en Europe». Et le parlementaire de conclure: «les États-Unis n’appliqueront sans doute pas de sitôt les règles de Fatca».
Plus d'articles du même thème
-
«La hausse des marchés est portée par la croissance des résultats»
Thibault Dorlet, CFA, Senior Multi-Asset Portfolio Manager chez Candriam. -
Le stablecoin de SG-Forge permettra de régler des titres de créance d'entreprise tokenisés
Euroclear et SG Forge annoncent une collaboration pour utiliser le stablecoin dollar de la filiale bancaire, l'USD CoinVertible, pour le règlement de NEU CP. -
« Nous sommes positifs sur les actions japonaises, surtout les entreprises de taille moyenne »
Charles-Henri Kerkhove, directeur de l'allocation d’actifs chez Fidelity International -
«Il reste difficile de construire un scénario de renforcement du yen d’ici à la fin d’année»
Emmanuel Kizilian, gérant obligataire chez Cholet Dupont AM. -
Volkswagen songe à supprimer jusqu’à 100.000 emplois dans le monde
La refonte du groupe automobile, qui toucherait l’ensemble de ses marques, entraînerait des réductions supplémentaires de coûts et des investissements révisés à la baisse. -
Le tribunal arbitral apporte un premier soulagement à Scor dans l'affaire Covéa
Par une décision rendue jeudi 25 juin, le tribunal arbitral met un terme à près de quatre ans de conflit entre Scor et Covéa portant sur des accords de rétrocession en réassurance vie. Une avancée pour le réassureur dont le cours de Bourse avait souffert de l’affaire, mais pas la fin de l’histoire. D’autres procédures liées sont encore en cours.
ETF à la Une
BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- Amundi dévoile sa stratégie pour devenir un géant d'Asie
- BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- Mubadala Capital veut s’offrir Pierre & Vacances sous conditions très strictes
- Generali Investments renforce ses forces commerciales en France
- Léa Dunand-Chatellet prend la direction générale de Mirova
Contenu de nos partenaires
-
A contre-courantPhilippe, Mélenchon, Sarkozy : au RN, chacun sa cible, chacun son chemin
Edouard Philippe, Jean-Luc Mélenchon, Nicolas Sarkozy. Ces trois noms révèlent différentes stratégies au sein du RN, dont certains cadres redoutent qu'un virage trop marqué vers la droite ne fasse s'effriter la base populaire construite par Marine Le Pen -
Choix publicsQuand les entreprises entrent dans le débat public
Face au désert intellectuel et aux menaces politiques, les entreprises se résolvent à intervenir pour promouvoir un discours sur une compétitivité retrouvée et, dès lors, sur une action publique probablement plus restreinte -
Affaire Lyhanna : la femme de Jérôme Barella a dénoncé un viol conjugal pendant son audition
Auditionnée dans le cadre d’investigations à la suite de plaintes pour viols sur mineures visant Jérôme Barella, sa femme a dénoncé des faits de viol commis par son mari