La France et l’Allemagne cherchent une convergence de vue sur les déficits

En contrepartie d’un approfondissement des réformes dans l’Hexagone, Berlin utiliserait sa marge de manœuvre budgétaire pour investir davantage
Yves-Marc Le Réour

Avant le sommet européen prévu jeudi et vendredi à Bruxelles, la croissance et la réduction des déficits devraient être aujourd’hui les principaux thèmes de la réunion à Berlin entre les gouvernements français et allemand. Malgré un projet de budget qui prévoit pour 2015 un déficit public de 4,3% du produit intérieur brut, nettement supérieur à la limite de 3% fixée par Bruxelles, Paris estime que ce projet recueillera l’aval de Bruxelles. Si elle jugeait qu’il s’agit d’un «manquement grave» au pacte de stabilité et de croissance, la Commission européenne pourrait demander à la France de revoir sa copie, une première pour un pays de la zone euro.

«Je suis totalement sûr à ce stade qu’il n’y aura pas d’avis négatif de la Commission parce que nous ne nous mettons pas dans cette situation», a déclaré hier le ministre de l’Economie Emmanuel Macron, invité du «Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro». Avec le ministre du Budget Michel Sapin, il rencontrera cet après-midi son homologue allemand Sigmar Gabriel et le ministre des Finances Wolfgang Schäuble.

Selon l’hebdomadaire Der Spiegel qui ne cite pas ses sources, Paris et Berlin négocieraient un accord selon lequel la France s’engagerait à fournir à Bruxelles une feuille de route détaillée en matière de réduction de déficit et de réforme structurelle.

Si la préparation d’un tel document a été démentie par Emmanuel Macron, «il y a la volonté de mettre en place ce ‘deal’ qui est que nous fassions des réformes», a-t-il concédé. En contrepartie, l’Allemagne pourrait utiliser sa marge de manœuvre financière et budgétaire pour contribuer à porter «un vrai plan d’investissement en Europe», souligne le ministre en faisant référence à la volonté du futur président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, d’investir 300 milliards d’euros dans de grands projets, notamment dans les infrastructures, pour relancer l’emploi et la croissance.

Dans un entretien accordé au Welt am Sonntag, Wolfgang Schäuble estime justifiées les critiques reprochant au gouvernement allemand des investissements insuffisants ou des carences de compétitivité, en soulignant qu’il travaillait sur ces deux aspects à des niveaux nationaux et européens. Mais le ministre, réputé pour sa stricte orthodoxie budgétaire, ajoute que Berlin ne renoncera pas pour autant l’objectif d’un budget équilibré l’an prochain.

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