La France entame son programme d'émissions 2011 sans décevoir
Malgré le déferlement de dette souveraine, la capacité d’absorption des investisseurs est au rendez-vous. Selon SG CIB, la demande est soutenue par de larges flux entrants avec 45 milliards d’euros de tombées de coupon cette semaine et 20 milliards de remboursements la semaine prochaine. Un contexte idéal pour les émetteurs de qualité. Après l’EFSM et l’Allemagne, la France a entamé hier son programme d’émissions 2011 de 184 milliards d’euros sans décevoir. Le souverain a abondé trois lignes d’OAT de maturités longues (OAT 2,50% octobre 2020, OAT 3,50% avril 2026, OAT 5,50% avril 2029). L’Agence France Trésor, qui comptait lever entre 7,5 et 9 milliards, a émis jeudi un total de 8,975 milliards.
L'émission 2020, allouée pour 4,47 milliards, est ressortie à un taux de couverture (montant demandé sur montant alloué) de 2 fois, contre 1,78 fois lors du placement de novembre. Un bon départ pour la dette à 10 ans. Le ratio de couverture pour l’OAT 2026, adjugée pour 3,42 milliards, est stable par rapport à octobre, à 1,76 fois, et bien au-delà de 1,28 fois observé en septembre. Allouée pour 1,07 milliard, l’OAT 2029 est sortie avec un ratio de 2,4 fois, contre 2,8 et 2,43 fois en octobre et juin.
Depuis les précédentes adjudications, la facture s’est alourdie pour la France en raison de la remontée des taux longs à partir de l’automne. Après avoir entamé 2010 à 4,17%, les taux à 20 ans ont touché un plancher de 2,90% fin août. Hier, ils s'établissaient à 3,82%. La France a servi sur l’OAT à 10 ans un rendement en hausse de 49 pb à 3,36% et de 69 pb pour les deux autres souches à 3,76% et 3,84%.
Avec 184 milliards d'émissions, la France sera, selon Natixis, «de nouveau le troisième plus gros émetteur de la zone euro» après l’Italie (225 milliards d’euros) et l’Allemagne (195 milliards). La banque, qui juge «rassurante» l’émission la veille de l’EFSM par rapport à la capacité de l’Union européenne à placer du papier, s’interroge sur un «risque d’éviction sur les dettes plus chères (type France, Pays-Bas, Finlande ou Autriche) ou sur celles jugées plus risquées (Espagne, Portugal)». Cela n’est pas encore le cas pour la France. Et pour l’heure, le spread OAT-Bund à 10 ans, qui a atteint un pic de 55 pb en juin, stagne autour des 40 pb. Le spread des CDS français se traitait hier à 106,8 pb, contre un pic de 108,3 pb le 23 décembre.
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