La France doit redorer le blason de sa gestion alternative
La gestion alternative française n’est pas compétitive. «Une image détestable, pas de marché domestique, sont deux freins majeurs à toute velléité d’implantation et à toute possibilité de développement, pour les sociétés existantes». Tel est le constat d’une étude publiée par Reinhold & Partners réalisée auprès d’environ 200 acteurs internationaux en partenariat avec l’Association française de gestion financière (AFG). Elle dresse un état des lieux de l’attractivité de la France dans le secteur et a servi de base aux récents travaux de Paris Europlace.
Alors qu’elle connaît un bon essor dans les pays anglo-saxons, la gestion alternative française ne s’est pas développée comme espéré, c’est le constat de départ de l'étude. Pour 66% des gérants francophones interrogés et 80% des anglophones, s’installer en France ne procure aucun avantage concurrentiel. Le terme même de « hedge fund » revêt dans l’Hexagone une connotation péjorative, qui a atteint les investisseurs institutionnels français. Déjà très limités par leurs propres réglementations, ceux-ci se sont séparés de leurs investissements alternatifs.
Souffrant de rendements inférieurs à ceux de ses concurrents anglo-saxons et d’un manque de visibilité, la gestion alternative française n’attire par les investissements des grands fonds de fonds, family offices, ou fonds de pension, ce qui accentue encore l’écart avec les gérants installés au Royaume Uni (marché international des institutionnels) ou en Suisse (tournée vers la banque privée et les family offices). Ainsi, la totalité des gérants interrogés implantés en France, estiment que trouver des investisseurs en gestion alternative et a fortiori du seed money est un problème.
Mais l’étude pointe également du doigt la fiscalité française, peu attractive. Si les gérants français considèrent en majorité la fiscalité française défavorable, les gérants étrangers ne s’y intéressent même pas. En effet, plus de 40% d’entre eux se disent non informés sur la fiscalité des entreprises en France et environ 50% sur la fiscalité des particuliers et 60% sur la fiscalité des produits financiers.
Le secteur n’en reste pas moins animé. Sagard souhaite ainsi céder les 45% qu’il détient dans le gérant français Olympia Capital Management. Un autre acteur de la place, Allianz Alternative AM, vient d’être vendu à Nexar Capital, monté par des anciens de SGAM AI.
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