La France demande le report à 2018 de l’objectif de déficit sous les 3%

Selon le Handelsblatt, la Commission européenne statuera début mars sur cette demande. Paris s’attend à faire moins de 4,4% pour 2014.
Antoine Duroyon

Dans leur rapport annuel présenté il y a une dizaine de jours, les magistrats de la Cour des comptes doutaient publiquement de la capacité du gouvernement français à ramener le déficit sous la barre des 3% du PIB en 2017. Il semble que l’actualité tende à leur donner raison. Un article publié hier soir sur le site internet du quotidien allemand Handelsblatt rapporte la volonté de la France de repousser cet objectif à 2018.

Officiellement, les ministres des Finances de l’Union européenne ont accordé à la France un délai supplémentaire de deux ans, c’est-à-dire jusqu’en 2015, pour respecter ce critère de Maastricht. Mais dans les faits, les responsables français ont indiqué à plusieurs reprises que cet effort ne pourrait être accompli que d’ici 2017. Selon le Handelsblatt, ce nouveau report permettrait d'éviter que le débat sur des mesures d’austérité et des réformes structurelles impopulaires n’intervienne en pleine campagne présidentielle.

Toujours d’après le journal allemand, la Commission européenne devrait statuer sur la demande de la France au cours de la première semaine de mars. Une requête que le commissaire européen à l’Economie numérique Günther Öttinger voit d’un mauvais œil. «La crédibilité du Pacte de stabilité est mise à l'épreuve», déclare ce membre de la CDU qui avait qualifié l’an dernier la France de «pays déficitaire récidiviste».

En tout état de cause, cet énième ajournement devrait affaiblir encore un peu plus la position de la France en matière budgétaire. Le premier président de la Cour des comptes, Didier Migaud, fustigeait il y a quelques jours un «décalage (...) entre les annonces, les engagements et les résultats réellement obtenus». A 4,1% du PIB, le déficit est officiellement attendu à 4,4% pour 2014.

Mais le ministre des Finances Michel Sapin s’est toutefois dit «sûr» hier que le chiffre définitif serait inférieur à la prévision du gouvernement. Les données définitives du déficit public nominal de la France (État, protection sociale, collectivités locales) seraient rendues publiques le 26 mars par l’Insee. En marge d’un déplacement dans les Yvelines, Michel Sapin a par ailleurs confié attendre «avec beaucoup de sérénité» l’avis de la Commission européenne sur le budget de la France pour 2015. Verdict vendredi.

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