La France défend une TTF européenne ciblée sur les actions et les CDS non compensés
Le gouvernement français défend une taxe sur les transactions financières (TTF) européenne qui ne toucherait que très peu de produits dérivés. Dans une tribune publiée par Les Echos, le ministre des Finances et des Comptes publics, Michel Sapin, souhaite que la taxe ne s’applique obligatoirement qu’aux actions cotées, comme c’est déjà le cas en France, et aux credit default swaps (CDS) non compensés.
La TTF doit être au menu des discussions de la réunion des ministres des finances européens de vendredi. En mai dernier, dix Etats, dont la France (onze pays avaient souhaité créer une TTF mais la Slovénie n’a pas signé la déclaration pour des raisons de politique interne), s’étaient engagés à poser les principes d’une TTF européenne d’ici à la fin de l’année pour qu’elle soit mise en œuvre dès 2016. Michel Sapin, assure qu’il défendra vendredi «un accord qui permette de taxer efficacement les transactions sans faire fuir l’activité financière en dehors de nos pays». L’Association française des marchés financiers (Amafi) «est encouragée de constater, sous la plume du ministre, le souci de ne pas induire un mouvement de délocalisation des transactions au détriment de la Place financière de Paris», réagit son président, Stéphane Giordano.
Alors que certains professionnels français redoutaient la taxation des dérivés actions et une exclusion des dérivés de taux très traités à Francfort, le ministre propose de ne taxer que les CDS non compensés. Cette suggestion apparaît relativement consensuelle à l’heure où la réglementation force la compensation des produits dérivés pour prévenir les risques systémiques.
Le ministre propose que la taxe européenne s’applique aux transactions sur les actions cotées mais précise que «les Etats qui le souhaitent pourront étendre [la TTF européenne] aux actions non cotées». Le ministre souhaite aussi que la taxe s’applique aux transactions sur les actions d’entreprises dont le siège est dans l’un des pays qui a adopté la taxe (principe d’émission). Ce principe est déjà celui qui prévaut en France et en Italie.
En revanche, pour déterminer quel Etat bénéficie de la taxe, le principe de résidence s’appliquerait. Dans le cas d’une action italienne achetée par une banque grecque, le produit de la taxe serait ainsi reversé à la Grèce. De quoi satisfaire potentiellement les petits pays qui ont un marché actions relativement réduit.
Plus d'articles du même thème
-
MSCI donne un sursis à l’Indonésie
Le fournisseur d’indices a reporté sa décision de déclassement en marché frontière de la première économie d’Asie du Sud-Est à novembre, dans l’attente d’évaluer les mesures prises par Jakarta. MSCI a par ailleurs décidé d’accorder le statut de marché frontière à la Bulgarie et laisse la Corée du Sud chez les émergents. -
«Sur le rapport Draghi, le plus dur reste à faire», alerte l'Institut Montaigne
Selon le think tank libéral, si 30 % des recommandations du rapport Mario Draghi ont été appliquées, moins de 5 % des réformes les plus substantielles l'ont été. -
Le baromètre Micron rassure les marchés sur la demande liée à l’IA
Le fabricant américain de puces mémoire Micron a publié mercredi soir des résultats trimestriels et des prévisions records. Il est un des grands gagnants des pénuries de puces mémoire HBM, ayant engrangé à ce titre plusieurs contrats pluriannuels. -
Bourse Direct est de nouveau sanctionnée par l’AMF
Le gendarme de la Bourse lui a infligé une amende de 800.000 euros. Sa dirigeante, Catherine Nini, écope d’une sanction de 50.000 euros. La commission des sanctions de l’AMF leur reproche des défaillances dans le dispositif de déclaration des transactions à l’AMF et dans le dispositif de surveillance et de détection des abus de marché. -
Le dollar retrouve momentanément son trône au sein des devises
Le billet vert est tiré depuis huit jours par la perspective d’une politique de la Fed plus restrictive, malgré l’accord de paix avec l’Iran, et plus globalement par une meilleure performance de l’économie américaine grâce à l’IA. -
Volkswagen cède le contrôle de ses moteurs industriels à Bain Capital
En transférant au groupe de private equity 51% du capital de sa filiale Everllence pour 7,4 milliards d’euros, le constructeur automobile augmentera sa flexibilité financière.
ETF à la Une
BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- Le programme Tibi 3 vise 15 milliards d'euros d'investissements dans la tech
- Mubadala Capital veut s’offrir Pierre & Vacances sous conditions très strictes
- Generali Investments renforce ses forces commerciales en France
- BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- Amundi dévoile sa stratégie pour devenir un géant d'Asie
Contenu de nos partenaires
-
Italie, Allemagne et Portugal : comment se débrouillent nos voisins face à la dette ?
Alors que la dette de la France atteint des sommets, la Cour des comptes a consacré un chapitre de son dernier rapport à la manière dont l'Italie, le Portugal et l'Allemagne ont récemment consolidé leurs finances publiques -
InsoucianceComment le piège de la dette se referme sur la France
Le risque de l'étouffement par surendettement menace désormais le pays. En quelques années, le discours des économistes s'est radicalement retourné sous l'effet de la remontée en flèche des taux d'intérêt. Trop tard ? -
Nouvelle réalitéLes pays du Golfe tentent l'apaisement avec Téhéran
L'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis ou encore le Qatar multiplient les initiatives pour restaurer les liens avec leur rival iranien