La France décale aussi le retour à l'équilibre de ses comptes sociaux
Comme pour le budget général, l’objectif de réduction du déficit de la Sécurité sociale attendra. Christian Eckert, secrétaire d’Etat chargé du Budget, et Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales, ont pris acte du dérapage en présentant hier après-midi le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) 2015. Le déficit du régime général et du Fonds de solidarité vieillesse (FSV) ne sera réduit que de 2 milliards d’euros l’an prochain, à 13,4 milliards, après 15,4 milliards de trou prévu en 2014. Un dernier chiffre stable par rapport à l’an dernier, alors la loi de financement de la Sécurité sociale en 2014 se promettait de le réduire de 2,5 milliards. La faute à des prévisions de croissance de l’économie et de la masse salariale inférieures aux attentes.
La trajectoire à moyen terme s’en trouve modifiée en conséquence. Le déficit du régime général, attendu à 11,7 milliards cette année, ne sera pas réduit à zéro en 2017, comme programmé initialement. Il devrait passer à 10,3 milliards l’an prochain, 7,2 milliards en 2016, 3,3 milliards en 2017 et encore 1,3 milliard en 2018.
Pour faire tenir la nouvelle équation, le gouvernement a prévu 700 millions d’euros d’économies l’an prochain sur la branche famille. Les mesures qui y ont été annoncées hier ont reçu le plus d’écho médiatique: restriction du congé parental, baisse de la prime de naissance pour le deuxième enfant, modulation des aides à la garde d’enfant à domicile. Mais la branche maladie concentrera l’essentiel des économies attendue, à 3,2 milliards. Les laboratoires pharmaceutiques seront mis à contribution, notamment par le biais du mécanisme censé plafonner le coût exorbitant du nouveau traitement contre l’hépatite C. Les organismes de protection sociale, eux, devront économiser 500 millions sur leur gestion. En revanche, le PLFSS 2015 ne contient pas, à ce stade, de mesures «surprises» qui auraient pu alourdir certaines contributions, comme les prélèvements sociaux sur l’épargne.
La Cades, autorisée à reprendre 10 milliards de dette sociale par an et 62 milliards en tout sur la période 2011-2018, va donc encore avoir du pain sur la planche. La Caisse d’amortissement a repris 10 milliards de dette du seul régime général en 2014. «Au titre de cette même année, il est estimé que la caisse aura remboursé 12,7 milliards d’euros», indique le document de présentation du PLFSS 2015.
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